'Le foot me rend malade mais je regarde quand même : c'est comme les fesses, on peut pas s'en empêcher.'   Caryl Férey

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Gwenaëlle Aubry




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Gwenaëlle AUBRY
Partages
Mercure de France
185  pages
17.5  euros

10-01-2013

 

    Leïla et Sarah auraient pu être amies ou sœurs, elles sont deux ados qui se ressemblent, pourtant leur territoire n’est pas le même et les sépare, leur lieu de vie ou de naissance les oppose à jamais. Le récit alterne les vies de l’une et l’autre jusqu’à la confusion tant elles sont similaires. Chacune a une amie confidente mais si différente, chacune subit son lieu de vie, elles partagent la même Histoire, la même Terre et les Morts qui les séparent. Elles étouffent conjointement, l’entourage de chacune pèse sur son destin, l’insouciance et la gaieté se sont éloignées de longue date de leur pourtant jeune existence, la peur et la fureur les ont remplacées. Deux faces d’un même miroir nées pour se rejoindre, ultimement. Gwenaëlle Aubry sur ce sujet brûlant réussit le tour de force de ne pas prendre parti, de ne pas montrer sa préférence pour la jeune Juive ou la jeune Arabe, mais simplement de montrer que malgré leur similitude extrême, un destin tragique les attend, inexorablement et au-delà de leur drame personnel, rien ne laisse supposer la fin de cette danse tragique !

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Thème(s) : Littérature française

 


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Gwenaëlle AUBRY
Personne
Mercure de France
159  pages
15  euros

20-12-2009

 

    Personne est le portrait douloureux d’un père, portrait dressé par sa fille après sa mort. Le témoignage offre les deux points de vue simultanément, celui de la fille qui ressent tous les sentiments devant ce père qui n’est pas dans la « norme » et celui du père qui malgré tous ses efforts ne pourra être comme les autres et qu’aucun soutien ne pourra sauver de la maladie. Cet homme longtemps endossera un masque pour paraître dans la société mais ne pourra jamais accepter et intégrer le monde et progressivement, deviendra personne et sombrera. Ce roman-abécédaire (vingt-six chapitres, un pour chaque lettre de l’alphabet) expose l’évolution de cet homme atteint de psychose maniaco-dépressive face à son entourage personnel et professionnel (il est avocat) et surtout devant les yeux attendris, interloqués, apeurés de ses deux filles. Un texte bouleversant.

Prix Femina 2009

« C’était cela peut-être qu’il lui fallait : arracher l’ancre, larguer les amarres, quitter les regards, prendre la route avec pour seule compagnie une vieille jument paresseuse et deux petites filles hilares et débraillées. Son masque, pourtant, il y tenait, à moins qu’il n’ait été tenu par lui. Quand j’ai appris que masque en latin se dit persona, j’ai aussitôt pensé à lui. Un instant j’ai cru comprendre son anxiété des codes, de l’ordre, des hiérarchies. S’il s’escrimait ainsi à jouer les grandes personnes, c’est peut-être que sous son masque, il n’y avait personne… »

Thème(s) : Littérature française

 


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