'Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres qu'enfin nous nous déguisons à nous-mêmes.'   François De La Rochefoucauld

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



9910326

Rosa Montero




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Rosa MONTERO
La chair
Métailié
192  pages
18  euros

10-02-2017

 

    Soledad est une grande séductrice et elle redoute plus que tout de devoir dire qu’elle était une grande séductrice. Elle a en effet maintenant la soixantaine et son amant vient de la quitter pour rejoindre une jeune femme à qui il fera un enfant. Doute sur son avenir, sur sa capacité de séduire, crainte de voir le désir s’envoler à jamais, peur de ne plus jamais sentir un regard se poser sur soi. Son métier, elle prépare une exposition sur les écrivains maudits, ne peut lui suffire. Alors, pour faire la leçon à son ancien amant, elle engage Adam, un jeune gigolo, beau comme un Dieu, attirant. Elle sort avec lui, il devient son amant et elle, addict. Sans limite, frisant parfois le pathétique, elle est prête à tout pour lui et même pour ses proches. La chair est évidemment une réflexion lucide au ton vif non dénué d’humour sur le vieillissement au féminin, la hantise de ne plus séduire, d’être mise sur la touche, à l’écart et place avant tout l’Amour au centre de l’existence.

"Etre maudit, c'est savoir que votre discours ne peut avoir d'écho, parce qu'il n'y a pas d'oreilles capables de vous comprendre. En cela, être maudit ressemble à la folie, lâcha brusquement Soledad. Etre maudit, c'est ne pas correspondre à son époque, à sa classe sociale, à son milieu, à sa langue, à la culture à laquelle on est censé appartenir. Etre maudit, c'est désirer être comme les autres, mais ne pas pouvoir. Et vouloir être aimé, mais ne susciter que de la peur ou peut-être du rire. Etre maudit, c'est ne pas supporter la vie et surtout ne pas se supporter soi-même."


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Myriam Chirousse

 


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Rosa MONTERO
L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir
Métailié
180  pages
17  euros

10-01-2015

 

    Rosa Montero chargée de rédiger une préface au journal de Marie Curie s’est laissée emporter par le tourbillon de la vie de Marie et en nous racontant sa vie, elle nous parle aussi d’elle-même et le lecteur se retrouve entraîner avec bonheur au coeur de ces deux vies. Elle nous parle évidemment de la volonté extrême de Marie, de son amour puissant pour Pierre et pour la science qu’elle plaçait au-dessus de tout, de la science et de la radioactivité, de l’exil et des difficultés rencontrées, de la place de la femme, d’amour, de son rôle de mère, des relations enfants-parents en Pologne et en Espagne, de souffrances et de combats, de la mort d’un époux… Ces deux femmes ont partagé beaucoup d’expériences similaires, et Rosa Montero raconte tout, enfin presque, puisqu’elle gardera le silence à propos de Pablo… Deux femmes hors norme, un texte étonnant et attachant, qui aborde des thématiques toujours très contemporaines, éclairé par une écriture vivante et enjouée qui happe le lecteur dès les premières lignes.

« Les livres naissent d’un germe infime, un œuf minuscule, une phrase, une image, une intuition, et ils grandissent comme des zygotes, organiquement, cellule après cellule, en se différenciant en tissus et en structures de plus en plus complexes, jusqu’à devenir une créature complète et souvent inattendue. »

« Fernando Pessoa l’a très bien exprimé : ``La littérature, comme toute forme d’art, est l’aveu que la vie ne suffit pas.’’ Elle ne suffit pas, non. C’est pour ça que je suis en train d’écrire ce livre. C’est pour ça que vous êtes en train de le lire. »

« Mais il faut avoir vécu longtemps, je suppose, et avoir su apprendre de la vie, pour en venir à comprendre qu’il n’y a rien de plus important ni de plus splendide que le chant d’une enfant sous un figuier. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Myriam Chirousse

 


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