'Il n'y a pas de « personnages de papier ». Ceux qui vous soutiendront le contraire sont des universitaires. Un personnage, ça vit. Ça vous suit. Partout. Ça suscite des bonheurs, ça vous crée des soucis, ça vous fait partager les siens. Ça vous change une existence.'   Raphaëlle Riol

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Buchet-Chastel




- 32 -



Violaine BÉROT
Nue, sous la lune
Buchet-Chastel
120  pages
12  euros

13-02-2017

 

    La narratrice est une jeune sculptrice à l’avenir rayonnant quand elle se rend chez un sculpteur plus âgé, un grand artiste. Elle va rester, l’aimer au-dessus de tout, au-dessus de sa vie elle-même. Il deviendra le Maître, elle sera là, il ne la verra pas, « Tu étais celui qui détenait le savoir et moi j’exécutais, c’était aussi simple que cela. ». Jour après jour, il se nourrit d’elle alors qu’elle disparaît progressivement. Il l’utilise au même titre qu’un outil de sculpture. L’œuvre de destruction est en marche, le couple s’établit entre soumission et violence autant psychique que physique à l’insu des visiteurs. L’emprise est totale, elle sait qu’elle doit partir, mais elle reste malgré la peur qui l’étreint (« J’ai peur et je ne sais même pas de quoi. »), et quand elle part enfin, à notre grand désarroi, elle reviendra, « Pour ton sourire, je sais que je pourrais me damner à nouveau. » Le lecteur, tendu, attend le hurlement libérateur qui lui apportera une respiration et la délivrera enfin de cet étouffement. Un roman aussi court qu’intense de souffrance, l’amour peut être aussi douloureux que dangereux !

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Violaine Bérot lus par Vaux Livres

 


- 31 -



Laurent SAGALOVITSCH
Vera Kaplan
Buchet-Chastel
142  pages
13  euros

03-08-2016

 

    Le narrateur qui vit maintenant à Montréal a vingt ans d’écart avec sa mère qui s’est installée à Tel Aviv. A 50 ans, elle meurt d’un cancer et peu avant, il l’avait encore interrogée sur ses origines, son père, ses grands-parents, sans succès. Il se heurtait à un mur grimaçant, « des phrases cinglantes qu’elle me lançait au visage d’un ton saccadé, heurté, éruptif, comme si les mots lui brûlaient la langue... », une mère à part, détachée de tout et de tous. Des années plus tard, il revient à Tel Aviv dans l’appartement de sa mère, sur les traces de son fantôme. C’est ici qu’il reçoit une lettre d’un notaire de Wiesbaden qui lui annonce le suicide de sa grand-mère Vera Schwartz ou Vera Kaplan de son vrai nom le 2 mai 1998 et lui précise qu’il a été difficile de le retrouver. Et l’histoire de ses origines est la source de ces difficultés, le carnet de Vera Kaplan lui fournit en effet la trajectoire précise de sa mère et de sa grand-mère, de son enfance à la décision ultime de son suicide. L’histoire de cette femme nous plonge dans l’Allemagne de la seconde guerre et décrit la situation des juifs allemands. Vera choisira la vie, définitivement et exclusivement la vie, « sa destinée était de vivre. De vivre à tout prix. ». En aucun cas, elle n’accepte pas la mort (« Que jamais je n’accepterais de mourir parce que mon seul tort, mon unique faute, était d’être née juive. »), choisit le combat, prête à tout pour ne pas devenir « complice de l’extermination de mon propre peuple en acceptant sans broncher leurs commandements de monter dans des wagons m’emmenant vers une mort certaine », ne jamais renoncer, sans limite, en toute conscience, en assumant jusqu'au bout ses actes. Mais qui pourrait assurer dans sa situation choisir froidement la mort ? Un court roman qui nous interroge sans jamais juger à partir du « destin extraordinaire » et entravé d’une femme juive née à Berlin en 1921.

« On ne peut divorcer de son peuple, Joseph. Il finit toujours par vous rattraper. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 30 -



Myriam CHIROUSSE
Le sanglier
Buchet-Chastel
158  pages
14  euros

02-08-2016

 

    Carole et Christian vivent isolés à la campagne. Elle vend (difficilement) sur internet des objets qu’elle fabrique alors qu’il travaille dans une scierie. Une nuit, Christian parle en rêvant et Carole pense qu’il a prononcé le mot « Sanglier ». Le lendemain, les événements s’enchaînent et les problèmes se succèdent les uns aux autres. Le lecteur assiste aux réactions du couple et apprend ainsi à les connaître. Les objets sont personnifiés, prennent leur part à l’aventure de ce couple, un couple légèrement usé et surtout qui a laissé se construire à son insu un mur d’incompréhension que seul, peut-être, le regard perçant et brillant d’un sanglier pourra percer…

"Il n'imaginait pas ça quand il avait dix-neuf ans, que même la personne la plus proche de vous pouvait très bien ne jamais arriver à vous comprendre un jour."


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Thème(s) : Littérature française

 


- 29 -



Colombe BONCENNE
Comme neige
Buchet-Chastel
115  pages
11  euros

11-04-2016

 

    Lors d’un week-end de vacances avec sa femme, Constantin Caillaud découvre étonnamment le roman « Neige noire » de son auteur favori Emilien Petit. Il croyait connaître tout de l’œuvre de cet écrivain, aussi il se lance dans des recherches à propos de ce livre ignoré de tous. Un livre qui ne semble pas exister, d’ailleurs au moment de le montrer à Hélène, son ancienne maîtresse qui lui a fait découvrir cet écrivain, Constantin ne peut retrouver cet exemplaire unique et part à sa recherche au cœur du monde littéraire. L’enquête est donc une absolue nécessité, une enquête sans meurtre, sans coupable, et même l’existence de l’objet du délit est remise en cause... Ce n’est peut-être qu’un rêve, ou alors une folie douce, ou bien encore une machination finement réglée… Colombe Boncenne joue en permanence entre fiction et réalité avec le lecteur, elle lui laisse choisir son chemin et son roman, elle propose sans jamais imposer. Un premier roman d’une grande finesse et maîtrise, et un belle et singulier hommage à la littérature.

Premier roman

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Thème(s) : Littérature française

 


- 28 -



Violaine BÉROT
Des mots jamais dits
Buchet-Chastel
188  pages
14  euros

18-08-2015

 

    Dès la première phrase, le ton de ce conte est donné : « Il était une fois une vilaine petite fille qui venait de naître. L’histoire commence là. ». Aucun membre de la famille n’est nommé, chacune et chacun portent son rang, la petite fille deviendra successivement la fillette, la fille puis l’aînée. Elle est née de l’amour de deux personnes, un amour total, exclusif (« L’amour entre eux est déraisonnable, vertigineux, enragé.). Elle fut donc immédiatement l’intruse dans cette relation. La mère et le père, malgré leurs nombreux enfants, ne vivent que l’un pour l’autre (« Le père ne regarde que la mère. »), et c’est donc l’aînée qui prendra tout ce petit monde en charge. Cela se fait simplement, naturellement, sans que la fille ne soit surprise voire révoltée par son rôle (« Elle s’est habituée depuis toujours, à coup de volonté, de certitudes, à tout maîtriser de son corps et de ses émotions. »). Elle n’aura ainsi pas le temps de l’enfance, de l’insouciance, de l’adolescence, pas le temps de grandir et de se construire, de rêver, adulte et responsable, elle le sera dès son plus jeune âge et portera sans cris, sans mots, le quotidien de cette famille. Par son style et sa construction, Violaine Bérot implique immédiatement le lecteur dans ce conte douloureux et émouvant.

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- 27 -



Ingrid THOBOIS
Le plancher de Jeannot
Buchet-Chastel
76  pages
9  euros

26-07-2015

 

    Chose exceptionnelle, la même année que Cathy Jurado-Lécina, Ingrid Thobois a choisi de revenir sur le destin exceptionnel de Jeannot. Expérience fascinante que cette double lecture, une même histoire et deux points de vue très différents, deux écritures, deux approches, deux réussites ! Ingrid Thobois a choisi le monologue comme expression et c'est Paule, la sœur aimante et très proche de Jeannot qui nous fait partager leur quotidien. Paule restera jusqu'au bout aux côtés de Jeannot, elle l'accompagnera jusque dans sa folie, l'épaulera, de son retour d'Algérie jusqu 'à sa mort. Elle nous le raconte, avec ses tripes, sans chronologie, souvent avec poésie et avec un ton oscillant entre naïveté et réalisme, toujours avec franchise, brut sans artifice, elle suscite sans imposer, pas de longs discours, du rythme, un mot ça et là révèle une clé. Solitude, indifférence, peur, l'isolement de la famille apparaît clairement, un homme au milieu d'autres hommes va mourir et malgré tout, Paule continue de crier, sans détour, son amour pour Jeannot. Un texte bouleversant sur la folie, sur l'amour, sur la famille, sur l'exclusion et la différence.

Ingrid Thobois nous rendra visite le vendredi 15 novembre 2015.


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- 26 -



Jean-Philippe BLONDEL
Un hiver à Paris
Buchet-Chastel
270  pages
15  euros

28-01-2015

 

    Victor est prof d’anglais depuis plus de vingt ans et écrivain. Son neuvième roman est sorti lorsqu’il reçoit une lettre d’un lecteur pas comme les autres, quelqu’un qu’il a rencontré il y a bien des années, une lettre qui provoquera un retour sur le passé, à la période de ses dix-neuf ans. Lui, le petit provincial, avait alors quitté sa famille pour le milieu étudiant parisien. Grand lycée, l’élite, classes préparatoires, un petit monde fermé, sûr de lui et assez méprisant. Victor est à part, n’a pas leurs certitudes ni leur assurance, seul lien social, une amitié naissante avec Mathieu, le fils de l'auteur de la lettre. Leur amitié n’aura pourtant pas le temps de s’épanouir puisque Mathieu, après une humiliation de trop, dans un cri que personne n'oubliera, enjambe une balustrade et se suicide au sein même du lycée. Victor devient alors l’ami du suicidé, pour les étudiants, pour les parents de Mathieu, pour tous. Un nouveau statut qui lui ouvre des portes, suscite des rencontres, comme un triste malentendu. Des évènements cruels, de l’émotion, de l’intime, des relations humaines complexes, J-P. Blondel excelle pour nous faire partager et appréhender les sentiments de ses personnages. Il sait nous toucher, nous éprouver mais aussi démontrer que supporter puis supplanter une épreuve ne pourra se réaliser qu’à plusieurs, par une solidarité, une entraide et une amitié salvatrices.

« C'est le propre du roman d'amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à ses côtés. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s'affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister. »

« Vomir la jeunesse pour son inculture n’est qu’une ultime preuve de la détestation de soi. »

« Nous sommes beaucoup plus résistants que nous ne le croyons. »


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Les titres de Jean-Philippe Blondel lus par Vaux Livres

 


- 25 -



Sophie VAN DER LINDEN
L'incertitude de l'aube
Buchet-Chastel
150  pages
13  euros

14-09-2014

 

    C'est la fête de la rentrée. Anushka est heureuse, joyeuse de reprendre le chemin de l’école et retrouver son amie Miléna. Elle est accompagnée de son grand-père qu’elle adore et Miléna de sa mère. Anushka est pressée et son grand-père traîne. A l’entrée de l’école, seul le grand-père reste à l’extérieur et les autres rejoignent le gymnase qui fait office de salle des fêtes, fête qui tourne immédiatement au cauchemar. Des terroristes les retiennent en otage. Attente, terreur, solitude, soif… L’enfant donne sa vision des évènements, du drame qui se déroule sur quelques jours, une fillette peu familière de cette violence dont l’imaginaire reste peuplé par les contes, des histoires et un monde qui vont l’aider, l’accompagner (comme le lecteur) tout au long de cette tragédie (« Mon lit. C’est tout ce que je veux. Et une histoire pour m’endormir. »). Entre deux violences, deux hurlements, une comptine lui permettra de s’évader et conserver son innocence et son âme d’enfant. Avec une prose poétique et sensible, sachant varier les rythmes, Sophie Van Der Linden en évitant un pathos étouffant rend un hommage poignant aux victimes de la tragédie de Beslan qui se déroula en 2004.

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- 24 -



Marie-Aimée LEBRETON
Cent sept ans
Buchet-Chastel
126  pages
11  euros

25-08-2014

 

    Face au mutisme de sa mère, Madame Plume, Nine a soif de savoir, de connaître son histoire. Elles habitent au nord de la France, un climat, une région bien éloignés de leurs origines : « Je suis née au creux des montagnes, là où le ciel change de couleur dans la courbure du vent. » . En effet, Nine sait seulement qu’elles ont quitté précipitamment la Kabylie après l’assassinat de son père. Alors, à la mort de sa mère, Nine choisit de faire le voyage retour, elle veut découvrir l’endroit où ses parents se sont aimés, découvrir les traces de son enfance et suivre ce chemin qui la fera grandir. Un court récit oscillant entre poésie et conte, tout en retenue et en douceur malgré les thèmes abordés (la souffrance, la peur, les non-dits, l’exil, la guerre…), sans révolte, apaisé.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 23 -



Marie-Hélène LAFON
Joseph
Buchet-Chastel
140  pages
13  euros

17-08-2014

 

    Joseph est emblématique d’un monde qui s’éteint, d’un monde où l’homme avait sa place. Ouvrier agricole, il est engagé dans une ferme par un patron, il y dort, il y mange, il y travaille. L’homme est discret, effacé mais efficace au travail, sans problème, n’a besoin de rien, de demande rien. Il revient sur cette période de mutation du monde agricole et rural au cœur du Cantal. Son métier, les fermes telles qu’il les a toujours connues, sa famille, tout s’éclipse progressivement. Pourtant, Joseph n’est pas triste. En silence, il continue son chemin gardant pour lui ses pensées sur ce monde et ses acteurs. Marie-Hélène Lafon, la puissance de ses descriptions et sa prose délicate nous offrent à nouveau un superbe portrait d’un homme de la terre empreint de tendresse et de douceur.

« Les soirs avant de monter, Joseph dit bonsoir, sans regarder, on l’entend à peine mais on sait qu’il l’a dit. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie-Hélène Lafon lus par Vaux Livres

 


- 22 -



Andrés NEUMAN
Parler seul
Buchet-Chastel
168  pages
17  euros

25-04-2014

 

    Trois voix participent au récit de « Parler seul », trois visions, trois tons différents qui relatent les mêmes évènements, le même voyage. Chacun parle seul et pourtant le trio est particulièrement uni. Mario, le père, se sait très malade et condamné et veut absolument partager quelques derniers instants privilégiés avec son fils et lui offrir ainsi une bibliothèque riche de souvenirs. Lito a dix ans, plein de vie et de fougue, d’espoir et d’insouciance, ignore l’état réel de son père et adore parler et faire partager son enthousiasme. Elena, la mère, sait que son mari va mourir et accepte néanmoins de les laisser s’évader tous les deux dans un long périple en camion. Pour oublier ses peurs et sa colère et trouver du réconfort, elle se noie dans la lecture (« La lecture me calme les nerfs. Faux. Elle ne me les calme pas. Elle les oriente différemment. ») et l’écriture en attendant avec impatience les prochaines nouvelles. Chacun des trois raconte ce voyage à sa façon, résiste avec ses moyens, sa personnalité et expose ses sentiments et se nourrit des deux autres. Chacun a sa vision de la mort, de la maladie, du mensonge, mais aussi de la vie et surtout, les trois veulent vivre, et vivre encore. Une relation père-fils sublimée au cœur de ce roman intense et prenant, sans pathos et terriblement humain.

« Je me demande si, sans forcément en avoir conscience, on ne va pas vers les livres dont on a besoin. Ou si les livres eux-mêmes, qui sont des êtres intelligents, ne détectent pas leurs lecteurs et ne se font pas remarquer d’eux. Au fond, tout livre est un Yi King. Tu l’ouvres et c’est là, tu es là. »

« … les enfants deviennent adultes en jouant, un peu à l’inverse de nous, parents, qui jouons pour retourner en enfance… »

« … tout ce qui est dans mon corps est désormais mon ennemi, c’est ce qu’on appelle être mort. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 21 -



Cathie BARREAU
Comment fait-on l'amour pendant la guerre ?
Buchet-Chastel
160  pages
15  euros

26-01-2014

 

    « Comment fait-on l’amour pendant la guerre ? ». Ici, ailleurs ? Question obsédante, intemporelle, universelle. Donatienne dans les rues de Nantes ou de Beyrouth feint de chercher sa réponse. Donatienne est écrivain et entretient une relation amoureuse à distance avec Jad, journaliste à Beyrouth. La guerre et cette question l’obsèdent. Elle, l’écrivain, comme chacun d’entre nous, est poursuivie, par une guerre, par ses guerres. Personne ne peut y échapper, celles que chacun a vécues, celles de ses ancêtres, celles de son pays, mais aussi naturellement, celles des autres. Nous la faisons, nous la subissons, nous l’attendons, les écrivains la relatent en infléchissant parfois l’histoire. Et pourtant, nous restons, nous vivons, nous faisons l’amour. Un court roman à l’écriture précise et soignée singulier par sa construction et sa tentative de réponse à cette question essentielle.

« La guerre n’est pas un récit, c’est une impuissance à vivre, à parler, à écrire. »

« La littérature n'est pas la vie, écrit sa fille, elle est simplement le révélateur de l'invisible de la vie : c'est-à-dire l'essentiel et la plus grande part de ce que nous sommes. »

« ... il est bien inutile de se chercher une identité, on a juste à vivre dans les lieux que le destin nous offre. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Cathie Barreau lus par Vaux Livres

 


- 20 -



Juan VILLORO
Récif
Buchet-Chastel
281  pages
20  euros

26-01-2014

 

    Côte mexicaine paradisiaque, enfin presque : « Ici, la réalité est déjà déformée. » Enlèvements, assassinats, drogue. Et même sur ces dérives, un peu d’imagination, pas de scrupules et il y a du fric à se faire ! Mario Müller, ancien rocker, l’a compris et crée un complexe touristique antre de la terreur, « … on vivait dans la Pyramide et que ce complexe touristique était censé représenter la Ville. On était isolés, en marge de tout. ». Les activités proposées aux touristes avides d’émotions fortes sont singulières, le GO est imaginatif ! Pourtant, lorsque Tony, un ancien compagnon de son épopée musicale arrive, la petite communauté tremble… Assassinat, enquête, flic pas très net... Un huis clos tendu enclin à une plongée au plus profond de la noirceur de l’âme humaine et de la société mexicaine.

« Les Etats-Unis ont toujours une guerre à te proposer pour expier tes fautes. »

« Le prix à payer pour tout ce que j’avais consommé, c’était la réalité. »

« Le tiers-monde est là pour sauver les européens de l’ennui. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 19 -



Sophie VAN DER LINDEN
La fabrique du monde
Buchet-Chastel
156  pages
13  euros

07-08-2013

 

    Mei, jeune Chinoise, est venue en ville pleine d’espoir, un travail, un logement, de l’argent… Finalement, elle dort, loge, travaille dans l’usine de textiles qui l’a embauchée. A chaque nouvelle commande, un nouveau slogan (« Ton courage tu donneras sans limite pour construire une Chine prospère. ») motive ces petites mains qui ne font qu’une avec leur machine, efficaces, aguerries à la douleur, sous l’œil sévère d’un contremaître sans pitié veillant au respect de délais toujours plus oppressants : « Je n’ai pas été au bout de ma douleur car je sais qu’elle est sans fin. Pourtant, je dois garder ma fierté. » Et pourtant, la jeune Mei continue de rêver, sa vie ne fait que commencer, elle rêve d’une rencontre, d’un amour pour la vie. Et le rêve peut-il devenir réalité dans le monde de Mei ?

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

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- 18 -



Jean-Philippe BLONDEL
06h41
Buchet-Chastel
235  pages
15  euros

01-03-2013

 

    6h41, hasard de la vie, ils prennent le même train, le 6h41, un lundi matin, départ Troyes, arrivée Paris. Cécile vient de rendre visite à ses parents et part rejoindre sa fille et son mari. Philippe divorcé s’installe dans le même compartiment. Un regard, chacun reconnaît l’autre, tout en pensant que l’autre ne l’a pas reconnu. Presque trente ans qu’ils ne se sont pas vus. Jeunes, ils ont été ensemble quelque temps, il était charmeur, elle effacée. Partis à Londres en amoureux, leur retour fut solitaire et aussi brutale que leur rupture fût définitive et violente. Depuis ils ont vieilli, mutation physique et psychique. Que sont-ils devenus ? Cette expérience commune a-t-elle influé leur existence future ? Comment ont-ils évolué ? Ont-ils oublié ou le passé se conjugue-t-il encore au présent ? Le pardon est-il possible ? Les chapitres donnent la parole alternativement à l’une et à l’autre et nous font partager leurs souvenirs, réflexions et interrogations. Une heure trente de voyage et le rythme du récit est aussi rapide. Un joli texte de J-P Blondel, toujours aussi sensible et lucide, artiste de la description, introspections et bilan qui nous interrogent sur ce que nous sommes devenus, ce que la vie et les évènements ont fait de nous, sur l’idée que nous nous faisons de nous et des autres, un miroir parfois amer et toujours sans complaisance.

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Les titres de Jean-Philippe Blondel lus par Vaux Livres

 


- 17 -



Ilija TROJANOW
Des oiseaux couleur de soufre
Buchet-Chastel
190  pages
18  euros

07-01-2013

 

    Zeno, alias M. Iceberger, glaciologue émérite, voit son vieux père s’installer chez lui alors que sa femme l’a quitté. Avec toutes ses illusions et son amour des glaciers, il décide alors de tout quitter et de partir pour un long voyage à la rencontre de l’Antarctique. Il aime la nature et les glaciers plus que tout mais le monde a changé, et le spectacle qu’il découvre le bouleverse et attise sa colère. Son meilleur ami, le glacier dépérit, va mal et Zeno se sent totalement impuissant. Que faire, quelle issue ? Pour le glacier ? Pour lui ? Un portrait attachant d’un anti-héros lucide, grincheux, ironique, écologiste désabusé qui nous livre une fable écologique (à la construction singulière) sans jamais culpabiliser le lecteur.

« L’individu est un mystère, quelques milliards d’individus organisés en système parasitaire, une catastrophe. Je suis fatigué d’être un homme dans ces circonstances. »

Offert à un ami qui partait pour un long voyage – Tang Shi

"Le jour d'hier qui m'abandonne, je ne saurais le retenir ;
Le jour d'aujourd'hui qui trouble mon cœur, je ne saurais en écarter l'amertume.
Les oiseaux de passage arrivent déjà, par vols nombreux que nous ramène le vent d'automne.
Je vais monter au belvédère, et remplir ma tasse en regardant au loin.

Je songe aux grands poètes des générations passées ;
Je me délecte à lire leurs vers si pleins de grâce et de vigueur.
Moi aussi, je me sens une verve puissante et des inspirations qui voudraient prendre leur essor ;
Mais pour égaler ces sublimes génies, il faudrait s'élever jusqu'au ciel pur, et voir les astres de plus près.

C'est en vain qu'armé d'une épée, on chercherait à trancher le fil de l'eau ;
C'est en vain qu'en remplissant ma tasse, j'essaierais de noyer mon chagrin.
L'homme, dans cette vie, quand les choses ne sont pas en harmonie avec ses désirs,
Ne peut que se jeter dans une barque, les cheveux au vent, et s'abandonner au caprice des flots."



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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 16 -



Marie-Hélène LAFON
Les pays
Buchet-Chastel
205  pages
15  euros

09-09-2012

 

    Claire a quitté "le pays" pour en rejoindre un autre. Cette fille ne pouvait reprendre la ferme familiale, alors elle quitta le Cantal pour Paris et des études littéraires à la Sorbonne. Elle se consacre totalement à ses études, le choc est brutal, elle rattrape les retards. Elle connaît la campagne, elle apprend la ville et découvre la vie parisienne. Mais son premier pays reste ancré en elle, les odeurs, la nature, les lumières... Puis les pays se multiplient : l’écriture, la littérature, la langue, la transmission. Pourtant elle réussit à estomper leurs frontières et passer allègrement de l’un à l’autre avec toujours, cette toile de fond campagnarde. Avec ce texte littéraire servi par une écriture travaillée, Marie-Hélène Lafon interroge la force de l’enfance et de ses souvenirs sans omettre de nous faire partager ses émotions devant un monde qu’elle a quitté mais jamais oublié.

« Longtemps Claire avait tu ses enfances, non qu’elle en fût ni honteuse ni orgueilleuse, mais c’était un pays tellement autre et comme échappé du monde qu’elle n’eût pas su le convoquer à coups de mots autour d’une table avec ses amis de Paris. Elle avait laissé les choses parler pour elle, un morceau de frêne à l ‘écorce grenue, ou une ardoise festonnée de lichens roux qu’elle avait conservée au moment de la réfection du toit de la grange, dix ans après son départ. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie-Hélène Lafon lus par Vaux Livres

 


- 15 -



Jean-Philippe BLONDEL
Et rester vivant
Buchet-Chastel
248  pages
14.5  euros

17-08-2011

 

    Jean-Philippe subit la compassion de tous à chaque rencontre, chacun connait son drame. Un accident de la route, son père macho fou au volant, son frère et sa mère succombent subitement. Quatre ans après, son père suit le même chemin. Que faire à vingt-deux ans quand il n’est plus possible de se rassurer en disant : « On a toute la vie devant nous » et qu’aucun projet laissé en suspens ne pourra être réalisé, et de n'être « plus soumis aux regards de ceux qui m’ont vu grandir ». Il hérite et préfère tout vendre pour tout dilapider, se relever, renaître. Laure et Samuel, les deux fidèles qui ne posent pas de question, l'accompagnent aux Etats-Unis en direction de Morro Bay en hommage à une chanson de Lloyd Cole. Longue mue douloureuse vers une autre vie, vers la lumière au gré des rencontres. Sorte de road-movie, pause en mouvement avant de repartir, pour lever la brume, bancal, écorché pour tenter de reconstruire une vie. Il vit ce voyage tout en étant absent, détaché. En équilibre au dessus du vide. Evidemment l’appel du gouffre sera puissant, mais il saura résister, stopper le plongeon, détourner la tête, l’esprit car heureusement, « Putain, comme j’ai voulu vivre. ». Un texte émouvant, mélancolique, rythmé par un humour désespéré qui dépeint avec justesse et franchise le retour à la vie, vers une sérénité salvatrice. Un vibrant hommage, le dernier l'espère l’auteur.

« Nous sommes tous perdus. Mais nous nous retrouvons de temps en temps. »

« Avoir vingt-deux ans, c’est une malédiction temporaire. »

« J’ai vingt-deux ans et je suis le dépositaire de leurs histoires inachevées. J’ai vingt-deux ans et je suis un reliquat de récit. Une survivance. »


Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jean-Philippe Blondel lus par Vaux Livres

 


- 14 -



Olivier SILLIG
Skoda
Buchet-Chastel
102  pages
11  euros

06-06-2011

 

    Dans un pays inconnu, un jeune homme reprend conscience. Il est seul, ses camarades, à ses côtés, sont décédés. Un obus, certainement. L'homme se lève puis croise une voiture elle aussi détruite. Deux adultes encore au volant sont morts pourtant un bébé continue de vivre. Stejpan passe son chemin, puis revient sur ses pas pour prendre dans ses bras ce petit bout de chair. Au milieu de la guerre, sur la route, un lien indéfectible se soude, Stejpan découvre la vie, l'amour, un amour qui fait face à l'horreur et la haine, affrontement inégal, mais la vie incarnée par ce bébé sera plus forte que tout, le lecteur l'espère tout du moins !

"Stejpan n'a que vingt ans mais déjà il pressent qu'on décide rarement."

Thème(s) : Littérature française

 


- 13 -



Dorothea RAZUMOVSKY
Les vaches rouges ou un dernier amour
Buchet-Chastel
178  pages
18  euros

22-04-2011

 

    Madame le professeur a disparu de la résidence pour personnes âgées où elle s'était installée depuis quelques temps avec sa chienne Cora. On ne retrouve que son ordinateur sur lequel elle tint son journal. On découvrira pourquoi elle a choisi de quitter sa maison et sa belle-fille mais surtout sa rencontre avec Waldemar Wagner ou Vova un jeune allemand d'origine russe qui deviendra très proche d'elle jusqu'à ce qu'il disparaisse sans laisser de traces. Elle ne pourra l'abandonner et quittera donc sa résidence pour partir à sa recherche au pays des vaches rouges. Un superbe roman qui aborde le thème de la vieillesse sans plaintes ni gémissements, bien au contraire, avec une approche vivifiante. L'héroïne déborde d'humanité, de tendresse et aborde avec détachement le regard des autres, des jeunes, du personnel soignant, des personnes âgées sur la vieillesse ainsi que son propre regard sur elle-même. Le discours est très réaliste mais jamais larmoyant. Un très beau texte sur une vieille dame allant au bout de ses envies.

"Oui je suis heureuse, car on a besoin de moi. Peut-être chaque être humain n'a-t-il besoin pour être heureux que d'une seule personne qui ait besoin de lui."

"Comment chacun sait, derrière chaque femme fatale se cache un homme qui cherche avec désespoir ses chaussettes."

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 12 -



Fabienne JACOB
Corps
Buchet-Chastel
157  pages
13.5  euros

21-09-2010

 

    Monika, la narratrice, travaille dans un institut de beauté, elle reçoit les femmes qui viennent pour leur corps, elle les voit, elle les touche, les évalue, les jauge… Corps des villes, corps des campagnes… Corps inutile, corps en beauté, corps mémoire, corps vivant, corps malade, corps mort, corps de fillettes ou de femmes… par une écriture singulière, Fabienne Jacob n’en oublie aucun.

« Je sais moi quand elles sont belles. Les femmes, c’est mon métier, elles sont belles quand elles sont dans leur vérité. Exactement dans la coïncidence de leurs corps et des années, cela s’appelle la vérité. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 11 -



Jean BERNARD-MAUGIRON
Du plomb dans le cassetin
Buchet-Chastel
112  pages
11  euros

04-09-2010

 

    Victor a la passion des trains, il aurait souhaité devenir conducteur de trains mais la vie l'a mené vers d'autres cieux, plombés : "je travaille de nuit comme conducteur de presse dans un grand journal régional.". Victor en fin de carrière assiste impuissant, avec incompréhension à l'évolution et la disparition de son métier. Il vit avec sa mère alors que son travail est toute sa vie, il lui accorde toute sa passion et son attention. Aussi lorsqu'il est relégué au cassetin, quinze longues, très longues années et laborieuses s'annoncent. Aussi lorsque Madeleine, la belle Madeleine, lui propose de rédiger son histoire pour le mensuel du Syndicat du Livre, il s'attelle avec difficulté à sa tâche. En outre, le plomb n'est pas sans danger pour la santé, et le doux agneau pourrait muter en animal dangereux... Un bel hommage à un métier qui disparaît et aux hommes qui l'exerçaient.

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


- 10 -



Fadéla HEBBADJ
Les ensorcelés
Buchet-Chastel
187  pages
14.5  euros

16-07-2010

 

    Au début des années 1970, en banlieue, la narratrice alors âgée de 7 ans profite d'une enfance heureuse avec ses parents, frères et soeurs. Le 21 novembre 1972, un véritable et terrifiant cataclysme anéantit cette famille d'origine kabyle. Un voisin algérien s'introduit dans l'appartement, armé, il tue la mère et blesse mortellement la soeur. Le père et le frère en réchappent de peu. L'assassin reconnu irresponsable plaidera l'ensorcellement et ne sera pas emprisonné. Ses questions restant sans réponse, le père sombre dans le silence et l'isolement alors que la narratrice se réfugiera dans une rage profonde et durable : "La rage et la colère sont mes deux lignes de conduite morale. En dehors de cette rage, il y a la mort, la résignation, le deuil de ma mère". Peut-on surpasser ce type d'évènement ? Oublier, pardonner ne peuvent faire partie du vocabulaire de la narratrice, mais peut-être écrire seulement et crier, toujours crier sa rage.

Thème(s) : Littérature française

 


- 9 -



Virginia BART
L'homme qui m'a donné la vie
Buchet-Chastel
180  pages
14.5  euros

04-07-2010

 

    Dans la France post 68, un père préfère rester libre que devenir père ("Mode de vie hippie incompatible avec les engagements du mariage") et prend la route ou vit en marge loin des vies conformes et familiales. La narratrice, sa fille, l'a longtemps nié ("Mon père ne faisait pas partie de ma vie") mais vient le moment où le désir de le connaître la taraude malgré les sentiments incertains et souvent ambivalents qu'elle éprouve devant cet homme atypique et attirant mais sauront-ils, désireront-ils se connaître, se réconcilier voire s'aimer ?

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


- 8 -



Marie-Hélène LAFON
L'annonce
Buchet-Chastel
196  pages
15  euros

16-07-2009

 

    Paul vit dans une ferme à Fridières, dans le Cantal. Pourtant entouré de sa sœur et de ses deux oncles, il est seul et ne veut pas disparaître seul. Aussi, il passe une annonce dans le Chasseur français pour rechercher une compagne. A l’autre bout de la France, dans le Nord, Annette, 37 ans, vit avec son fils et peine à quitter un mari alcoolique et violent. Mais elle va franchir le pas, pour elle, pour son fils, pour la vie. Les deux meurtris vont d’abord converser au téléphone, puis se rencontrer et enfin franchir le pas dans la douceur et la lucidité, ils se connaissent, connaissent leur passé et leur âge, savent que la folie de la passion ne les animent pas, mais ils sont décidés, obstinés, ils feront un bout de chemin ensemble (« Ni Annette ni Paul n’iraient extirper ce qui restait, s’incrustait, dessous. On ne gratterait pas les vieilles plaies de solitude et de peur, on n’était pas armé pour ça, pas équipé ; on s’arrangerait autrement. »). Pourtant Annette ne trouvera pas une terre d’accueil ouverte et attentive. Chacun a sa place dans le domaine, et elle et Eric viennent quelque peu bousculer des habitudes bien établies. Heureusement, Paul, même si l’on peut le classer parmi les taiseux (ses mains parlent plus que lui), avec obstination et tendresse, saura épauler Annette afin qu’elle trouve sa place et revienne à la vie.

Sélection Prix Page des Libraires 2009

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie-Hélène Lafon lus par Vaux Livres

 


- 7 -



Xavier HOUSSIN
La mort de ma mère
Buchet-Chastel
120  pages
12  euros

22-12-2008

 

    Un appel téléphonique, il faut faire vite, venir au chevet de sa mère. Le narrateur la retrouve mais pour l’accompagner et lui tenir la main, tendrement, désespérément, sur un lit d’hôpital dans une chambre si froide. Fils unique et chéri de sa mère, l’homme se retourne vers son passé avec mélancolie. L’organisation des funérailles ne parvient pas à ralentir ce flot de souvenirs. Dans ce texte émouvant et sensible, Xavier Houssin varie le rythme, la longueur des chapitres, et aspire irrémédiablement le lecteur dans cette mélancolie.

Thème(s) : Littérature française

 


- 6 -



Teodoro GILABERT
Les pages roses
Buchet-Chastel
201  pages
14  euros

11-09-2008

 

    Par une prose alerte et originale, en courtes phrases ou suites de mots, l'auteur nous "jappe" avec un brin d'humour et de dérision son histoire banale, "médiocre" pense-t-il. Dans les années 80, bon élève timide et sage du lycée Fénelon, il prend plaisir à se plonger dans le petit Larousse et y découvre avec délectation l'attrait des "pages roses", "si fines, si élégantes, rien à voir avec le rébarbatif Gaffiot gros et laid" : chaque chapitre du livre est introduit par une citation latine adaptée. Le récit nous fait partager la trajectoire estudiantine et professionnelle d'un jeune homme qui tente de trouver un sens à son existence. L'adaptation à la Sorbonne est difficile "seul au milieu de la foule" mais notre héros, pas rebelle mais décalé, se réfugie dans son travail et dans les films de la nouvelle vague. Sa réussite au CAPES l'entraîne au lycée Henri IV comme stagiaire mais seul certifié face aux agrégés de ce grand lycée, il en sera le mouton noir... Après un poste dans le 9.3. où il dut se convaincre que "l'enseignement du Latin et du Grec en 5e était un facteur de réussite essentiel pour les enfants des quartiers défavorisés", il obtient son agrégation et une mutation pour Nantes... L'évocation de ses "non péripéties" est bien sûr alimentée d'une analyse subtile et souriante (voire grinçante) de notre société.

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



JM ERRE
Made in China
Buchet-Chastel
280  pages
18  euros

07-03-2008

 

    Toussaint Legoupil est né noir en Chine puis fut adopté par Léon Legoupil maire de Croquefigue-en-Provence et sa femme Mado qui croque un peu plus que des figues ! Le ton est donné ! Pourtant Toussaint écrasé par l’amour maternel décide d’en savoir un peu plus sur ses origines et entreprend un voyage en Chine accompagné de Mimi sa promise imposée et de sa chauve-souris. Voyage périlleux riche d’enseignement à tout point de vue ! Il lui révèlera la vérité et une terrible machination au terme d’aventures dignes des plus grands OSS 117 mais avec un humour déjanté en plus. Entre roman interactif et interpellations du lecteur, toujours loufoque et plus fou, un roman léger pour partir dans un long voyage hilarant. On sent vraiment que J-M Erre s’est fait plaisir et vous le suivrez avec entrain et bonheur dans sa folie.

Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Claude DUNETON
La chienne de ma vie
Buchet-Chastel
75  pages
10  euros

24-08-2007

 

    C. Duneton nous révèle une part de son enfance paysanne pendant l’Occupation entre ses parents aux relations orageuses et sa chienne. Et lorsque l'homme se retourne vers son passé, finalement, il voit cette chienne, compagnon de tous les jours. Une histoire de vies de chiens au pluriel !

"Mon père n'avait aucune autorité, mais il savait plein de choses de la vie des vaches et tout ça..."

"La fureur de ses maîtres lui semblait aussi inexplicable que la colère de Dieu demeurait imprévisible pour ma mère... De la méchanceté gratuite."

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Thierry DU SORBIER
Le stagiaire amoureux
Buchet-Chastel
200  pages
13  euros

19-08-2007

 

    L’accueil le premier jour d’un stagiaire dans une entreprise préfigure souvent de la suite du stage. Lorsqu’Amory jeune parisien (« Il vient de Paris, Rita. C’est normal qu’il regarde le paysage. Ils n’en ont pas, là-bas ») s’installe au Courrier d’Avesnes, l’accueil est plutôt froid et ironique. Le rédacteur en chef est tout puissant et le fait savoir sans détour ni finesse. Son appréciation des capacités d’Amory est immédiate, définitive, et négative : « un chafouin ». Comme sanction ou bizutage, il décide d’expédier Amory dans le village de St Paulin-sur-Morbier (« Tout est vieux et bordélique. Il n’y a jamais eu de plan d’urbanisme, ici. Ce n’est pas un village, c’est un troupeau »), seul village où il ne se passe absolument rien depuis des années : le calme plat ! Il devra pourtant tenir une chronique pendant un an et intéresser les lecteurs du journal. Pourtant, dans le même temps, le célèbre cinéaste américain Almotino est las de tourner dans les mêmes lieux filmés pour la nième fois. Son équipe cherche un endroit inédit et devinez quel village les accueillera ? Amory saura-t-il rendre compte de cet événement ? Ces chroniques trouveront-elles écho auprès du rédacteur en chef et de ses lecteurs ? Un livre léger plein d’humour pour une rentrée souriante !

« Il a pris soin de ne pas être maire, pas député, d’être le dernier dans la liste des conseillers municipaux : chargé de la culture et des loisirs, autant dire du néant, c’est là qu’il s’ébroue à l’aise, où il développe ses pouvoirs et ses embrouilles »

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Daniel DE ROULET
Kamikaze Mozart
Buchet-Chastel
291  pages
16  euros

19-08-2007

 

    La destinée de Fumika jeune japonaise rejoint la tragédie de la seconde guerre mondiale. Obtenant une bourse pour ses qualités de pianiste, elle part aux Etats-Unis, s ‘éloigne de sa culture et s’ouvre au monde. Elle rencontre sur le campus Wolfang Steinamhirsch un jeune chercheur suisse, violoniste amateur et surtout chercheur en physique qui se spécialisera dans l’atome. Il prend part au projet et à la réalisation de la bombe atomique (« Il va être engagé dans un programme international où la science sera directement au service de la lutte contre le nazisme »). Comme bon nombre de ses concitoyens, Fumika est arrêtée comme ennemie potentielle à la nation et cantonnée dans un camp de détention. Ultime utopie, elle espère encore et toujours que Mozart et la musique sauveront le monde de son destin tragique (« La musique peut-elle nous sauver de la guerre ? »). Pourtant ses trois Mozart ne lui seront pas d’un grand secours : ni le vrai, ni un mari futur Kamikaze choisi et imposé par sa famille ancrés dans les traditions de l’Empire du levant, ni Wolfang le chercheur rencontré aux Etats-Unis qui s’enfermera dans ses convictions. Dénoncée alors qu’elle travaille dans les locaux où les scientifiques préparent la bombe, elle retournera au Japon lors d’un échange contre des prisonniers américains puis subira dans sa chair l’explosion atomique et ses conséquences. Une approche originale et passionnante de l’histoire et des errements des fous de science et de l’atome qui participèrent à l’élaboration de la machine à tuer la plus puissante et la plus terrible jusqu’à en oublier l’humain.

« L’homme qui va l’épouser n’est pas qu’un officier, il est aussi futur kamikaze. Elle va donc se marier avec un mort. Un homme pas encore au paradis, mais qui s’y prépare sur ordre de Sa Majesté Notre Empereur. Au lieu de mourir seul, M. Tsutsui veut se marier. Que sa femme le soutienne, lui offre un dernier plaisir. »

« En temps de paix, le scientifique appartient à la science, en temps de guerre, il se doit tout entier à son pays. Grâce aux gaz nous allons sauver un nombre incalculable de vies, puisque la guerre finira vite. »

« ...Les scientifiques marchent à chaque coup, quand on leur propose d’abréger la guerre en développant une arme encore plus puissante »

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Giles MILTON
Le nez d'Edward Trencom
Buchet-Chastel
365  pages
22  euros

04-03-2007

 

    En exergue à ce livre, il serait aisé de placer la célèbre tirade du nez de Rostand ! Une dynastie anglaise, les Trencom, ont effet un appendice nasal exceptionnel et extraordinaire au service de leur commerce tenu de père en fils : la fromagerie Trencom. Vous saurez tout sur les fromages européens appréciés semble-t-il de la gent britannique ! Mais le roman ne se limite à ses senteurs subtiles et si agréables de fin de repas : la famille est marquée par une conjuration : la fromagerie subit périodiquement des catastrophes et pas moins de neuf ancêtres d’Edward sont décédés de morts violentes et inexpliquées et tous en Grèce ou en Turquie ! Edward intrigué mais aussi inquiet puisqu’il se sent épié se lance dans une enquête périlleuse afin de découvrir les causes de ces disparitions en chaîne. Vous découvrirez comment un petit Tupperware sauvera Edward d’une destinée familiale fatale ! Giles Milton emploie les flash-backs du XVIIème à 1969 pour mener de front l’enquête d’Edward et la présentation de sa généalogie le tout avec un humour léger et subtil si british… Une saga historique odorante et savoureuse à déguster sans modération.

« La mère d’Humphrey s’était signée trois fois en voyant reparaître le patrimoine familial chez son fils. Elle avait accompli son devoir, et d’autres suivraient son exemple dans les années et les siècles à venir. Depuis la naissance d’Humphrey, au moins un enfant par génération – souvent mais pas toujours le premier-né de sexe masculin – recevait un nez de forme et de sensibilité prodigieuses. »

« Oncle Harry, avait-il demandé, qui est le premier à avoir eu notre nez ? … Je t’interdis d’aborder ce sujet chez moi. Ce nez a fait la grandeur de notre famille, mais il a aussi fait sa perte. »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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