'Je hais la modération sous toutes ses formes. Qui ne consume pas sa vie la laisse s’éteindre.'   Ingrid Naour

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Gallimard




- 39 -



François GARDE
L'effroi
Gallimard
302  pages
20  euros

19-02-2017

 

    Sébastien Armant participe un 20 avril à une première à l’Opéra Garnier sous la direction d’un chef de renommée internationale, Louis Craon. Au début du concert, Louis Craon effectue le salut nazi et la soirée et le concert auraient certainement continué si Sébastien Armant ne s’était pas retourné en tournant le dos au chef. Geste instinctif né de l’effroi devant ce salut ? Geste de résistance face à une histoire qu’il croyait disparue ? En tous cas, un acte qui bouleverse totalement la vie de Sébastien. En effet, il en faut moins pour que les médias s’emballent ! Les sollicitations pleuvent, et Sébastien n’en est pas fier, il se sent utiliser comme une bête curieuse, un objet de foire, malaxer par ce monde artificiel, on le fait parler, on parle à sa place. Il semble attendre l’instant où on le jettera et l’oubliera. L’effroi l’envahit, l’étouffe, pourra-t-il redevenir maître et acteur de sa vie ? Un portrait efficace d’un anonyme, héros ordinaire, qui se lève et par un geste instinctif bascule dans une autre vie mais aussi portrait grinçant d’un monde médiatique cynique sans retenue et sans éthique.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 38 -



Jean-Marc CECI
Monsieur Origami
Gallimard
160  pages
15  euros

14-09-2016

 

    Le jeune Kurogiku croise furtivement une jeune femme au Japon et en tombe immédiatement amoureux. Pour la retrouver, il choisit l’exil et s’installe seul dans une maison isolée toscane. Rêvant continuellement à cette femme, il s’adonne à l’art du washi, le papier japonais et à l’origami, ce qui lui vaut son surnom Monsieur Origami. Un jour, un jeune horloger passe la porte et lui fait part de son rêve, fabriquer une montre avec toutes les mesures du temps. Le roman confronte ces deux rêveurs, leurs deux utopies, l’un court après une ombre, une image, l’autre après une ambition, une création. Leur rencontre est faite de silence, de méditation. Le fond, la forme et le style dépouillé engendrent poésie et douceur, chaque page dégage une grande sérénité, une sagesse évidente. Il est aussi question de papier, de pliages, de grues qui ne pourront éviter la mort de la petite Sadako, de philosophie de vie. « Toute beauté a sa part d’ombre » mais on a vraiment beaucoup de mal à discerner cette ombre dans ce lumineux et singulier roman. Monsieur Origami vous offrira un joli moment d’apaisement.

Premier roman

« L’homme ne comprend pas le temps. L’homme a inventé sa mesure. Il a enroulé le temps autour d’un cadran, puis il l’a plié. »

« A quoi sert-il d’avoir si être nous manque. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 37 -



Caryl FÉREY
Condor
Gallimard
415  pages
19.5  euros

12-06-2016

 

    Le vieux général est enfin parti. Pinochet s'éloigne du pouvoir en 1990 et certains ont pu croire en un Chili libéré : « Il se trompait. Le passé et le présent étaient liés, comme le fil invisible qui l’avait relié pendant quarante ans à Manuela. Tout était en place dans le théâtre d’ombres que constituait sa vie. Un ultime règlement de comptes avec l’Histoire. ». Quelle route emprunta le Chili ? Le libéralisme à outrance avait trouvé son terrain de jeux et les acteurs sans scrupule de la dictature n’en avaient pas fini. Condor démarre dans les quartiers pauvres de Santiago alors que des ados y sont retrouvés morts, quelques morts anonymes de plus, sans importance. Sauf pour Gabriela une jeune Mapuche qui fréquente le quartier, vidéaste engagée et dotée de pouvoirs propres à sa communauté. Persuadée que la mort de ces gamins n’est pas naturelle, elle rencontre Esteban un avocat des causes perdues, issu d’une riche famille proche du pouvoir, rencontre amoureuse chaotique de deux êtres qui se cherchent. Ils se lancent dans une enquête noire, intense, périlleuse qui va les confronter avec les trafics de drogue, les trafics d’influence, la misère sociale… et surtout les inciter à remonter dans le passé, notamment sur les traces des participants à l’opération Condor qui n’ont que peu d’intérêt à ce que cet épisode ne revienne à l'une de l’actualité… Caryl Férey nous offre une nouvelle fois une superbe palette de personnages, un récit noir intense et pimenté à souhait, un zeste de violence mais si réaliste, enfin une intrigue éminemment politique et sociale et un suspense qui vont crescendo. Incontournable !

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Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Caryl Férey lus par Vaux Livres

 


- 36 -



Benoît MINVILLE
Rural noir
Gallimard
250  pages
18  euros

17-04-2016

 

    Tamnay-en-Bazois est un petit village de la Nièvre, cœur de la France, cœur de la campagne avec son lourd quotidien : appauvrissement, désertification, commerces et services publics aux abonnés absents. Néanmoins certains continuent d’y survivre, tout le monde se connaît, tout le monde s’observe. Certains sont nés là, ont grandi là et n’oublient pas. N’oublient pas leurs potes, leurs adolescences, leurs galères et leurs joies. Julie, Vlad, Romain et Chris ne se quittaient pas, ils formaient le Gang, unis comme les doigts de la main, même si l’amour inévitable pourra les éloigner sensiblement. Mais l’adolescence vit aussi des drames inoubliables, qui marquent à jamais une vie, un destin. Chris a choisi de partir et revient aujourd’hui après dix années. Ils retrouvent les trois compères, Julie enceinte et Chris vivent ensemble, Vlad est devenu un dealer affirmé mais fait profiter le coin de son petit commerce illicite. D’autres sont toujours là : le Dalton un simple d’esprit parfois dangereux, Cédric devenu inséparable de Vlad et souvent imprévisible, Mélodie la troublante belle-mère de Cédric, le pote JR devenu gendarme. Tous ces personnages bien ancrés dans le réel d’aujourd’hui ont pourtant tous un pied dans le passé et les drames d’aujourd’hui vont violemment réveiller ce passé ! Benoît Minville décrit avec perfection cette zone délaissée et en alternant l’histoire passée et actuelle dresse le portrait de personnages forts aux caractères affirmés mais aussi d’une région abandonnée. Un western rural noir qui parle aussi de clan et d’amitiés infaillibles.

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Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Benoît Minville lus par Vaux Livres

 


- 35 -



Jon Kalman STEFANSSON
D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pied
Gallimard
444  pages
22.5  euros

12-08-2015

 

    Après son inoubliable trilogie, Jon Kalman Stefansson nous offre un nouveau voyage au cœur de l’Islande, dans « l’endroit le plus noir du pays », une ville particulière oubliée de tous, Keflavik, « Celui qui habite Keflavik ne vit pas vraiment en Islande, ni tout à fait sur terre, il est ailleurs, à l’arrière de toute chose, perdu... ». Pour retracer l’histoire de ce bout de terre, Stefansson joue avec le temps et sa chronologie en considérant la saga sur trois générations d’une famille, des marins, des pêcheurs, un poète, des femmes, de l’amour, des rêves, de la folie, la mort, c’est donc aussi l’histoire du temps, de sa force et son action inexorable, élimant tout sur son passage, l’amour, les vies et les mots bien aidé parfois par les politiques et leurs fameux cotas. Dense, âpre, puissant, humain, tout simplement éblouissant, mais dommage qu’un billet pour l’Islande ne soit pas glissé dans le roman !

« Nulle part ailleurs en Islande, les gens ne vivent aussi près de la mort. »

« … les souvenirs sont des gros blocs de pierre que je traîne derrière moi. »

« La vie, lit-on quelque part, est un faisceau de lumière qui traverse brièvement les ténèbres et s’évanouit l’instant d’après. »

« Je ne suis pas certain qu’on tente vraiment de comprendre les autres – faisons-nous réellement tous les efforts nécessaires ? N’essayons-nous pas, au contraire, constamment, notre vie toute entière, d’amener les gens à envisager le monde de la manière dont nous l’envisageons ? N’est-ce pas là un de nos plus grands maux ? »

« Celui qui lit tellement de poésie qu’il vient à imaginer qu’il peut nager jusqu’à la lune doit pouvoir vivre plus longtemps, le monde ne saurait se passer de ce genre de personnes. »

« La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants. »

« Quel mal y a-t-il, évidemment aucun, nous devrions tous de temps en temps sortir en courant de chez nous et crier à tue-tête pour glorifier la vie, à moins que l’existence ne coule de source et ne relève à ce point de l’évidence ? Combien de fois sommes-nous sortis pour célébrer la vie, cet animal éreinté, cette fleur battue par les vents, cette note puissante et profonde ? »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

Les titres de Jon Kalman Stefansson lus par Vaux Livres

 


- 34 -



Erri DE LUCA
Histoire d'Irène
Gallimard
125  pages
12.5  euros

13-05-2015

 

    Irène a choisi cet homme, un homme plus âgé qu’elle, aussi singulier qu’elle, pour lui raconter son existence, pour se confier. Lui, « le conducteur d’histoires », l’écoute, parle peu, humble et modeste, c’est Irène l’objet de l’attention, il sait écouter, « Il doit y avoir un silence sur mon visage qui les rassure : ils ne seront pas interrompus. ». Irène vit entre la terre et la mer sous le soleil grec. La mer est son refuge, elle y nage constamment parmi les dauphins et y trouve la paix et la tranquillité. « Chez nous, quand on a aimé un livre, on a l’habitude de dire qu’on l’a lu sans reprendre haleine. », alors inspirez, et prenez votre souffle pour retrouver dans cette fable la prose aussi limpide que la mer grecque et poétique du grand Erri de Luca. Deux autres courtes nouvelles complètent ce recueil.


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Danièle Valin

Les titres de Erri De Luca lus par Vaux Livres

 


- 33 -



François-Henri DÉSÉRABLE
Evariste
Gallimard
178  pages
16.9  euros

30-01-2015

 

    Evariste Galois fut une étoile filante (« … il fut aux mathématiques ce qu’à la poésie fut Arthur Rimbaud…), mathématicien brillant, surdoué (« On le nommera Evariste, du grec, aristos – le meilleur. Tout est déjà écrit. »), jeune homme beau, fougueux, passionné et sans compromis, engagé et révolté, mort à vingt ans lors d'un duel. Talent gâché par la jalousie et la bêtise, rien ne lui fut épargné, ni par son entourage, ni par ses collègues et pairs. L’auteur revient sur son parcours, sur son extraordinaire découverte, l’infini, la puissance et la beauté des mathématiques, mais l’inscrit aussi dans l’Histoire de la France (« Les nobles qui ont les terres, ne font rien et font de l’argent ; le clergé, qui a le ciel, ne fait rien et fait de l’argent ; le tiers état par ce qu’on lui a promis dans l’autre vie, le ciel du second, s’échine dans celle-ci sur les terres des premiers, fait tout, n’a rien, ne fait pas d’argent. ») comme dans l’Histoire littéraire et scientifique. Le style est singulier, et l’auteur retrace avec fougue et passion le parcours de ce jeune homme qui découvrit les maths à 15 ans, mourut à 20 et néanmoins, laissa une trace éternelle. Après un recueil de nouvelles très remarqué, un excellent premier roman qui ravira les matheux et tous les autres !

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 32 -



Yannick HAENEL
Les Renards pâles
Gallimard
178  pages
16.9  euros

07-11-2013

 

     Jean Deichel, la quarantaine, vit encore dans son appartement. Pas de travail, pas de volonté et sentiment politiques (« la politique mange les corps qui ont encore la faiblesse d’y croire »), pas d’opinion semble-t-il, il vit seul (« … peut-être n’avais-je pas besoin de faire croire aux autres que j’étais vivant. ») sans existence politique. En effet, quoi de plus beau que de s’asseoir devant sa fenêtre et dialoguer avec le soleil. Mais sa propriétaire a peu à voir avec la poésie ! Dehors, Monsieur Deichel ! Il récupère quelques affaires et s’installe dans son seul bien, sa voiture enfouie sous des pétales de cerisiers avec ses deux compagnons, Godot et son papyrus. L’homme n’est pas révolté, a quitté délibérément le monde du travail et profite de tous les instants et des quelques rencontres au cours de ses errances. Distrait, il vit presque sereinement et paisiblement dans « l’intervalle » malgré sa plongée effective dans la pauvreté et sa disparition sociale. Pourtant, depuis l’intervalle, tout reste possible : « Le monde n’est pas complètement asservi. Nous ne sommes pas encore vaincus. Il reste un intervalle, et, depuis cet intervalle, tout est possible. ». Il se réveille peu à peu à la lecture de mots, de slogans tagués sur les murs qu’il rencontre au hasard de ses flâneries. Il sera happé par une envie, un courant politique. Sa solitude (je) rejoint une communauté (nous) qui décide de prendre, d’occuper sa place et le chemin de la guerre. Il rejoint les sans-papiers et les autres, les Maliens et les autres, les Dogons et les autres ; ils s’arment de masques sacrés ou non et vont défier, fiers, ensemble, les fleurons de notre société. Les renards pâles apatrides et sans identité sont en marche, défient l’autorité et sa violence mais leurs cris seront-ils assez puissants pour vous réveiller ? Esthétique uppercut rageur et poétique !

« …je découvrais que la solitude est politique. »

« On ne fait parfois que subir ce que l’on croit désirer. »

« La solitude est un pays qui brûle. »

« … l’œil braqué en permanence sur nos gestes nous rappelle qu’à chaque instant nous sommes virtuellement fautifs. »

« … personne, pas même le plus enragé des révolutionnaires, ne peut aller aussi loin que la République française. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 31 -



Anne VANTAL
Rendez-vous en septembre
Gallimard
136  pages
8.15  euros

23-06-2013

 

    Ils sont onze élèves « ordinaires » de terminale S. Le bac s’achève, une photographie immortalise cet instant avant de plonger dans une autre vie. Cet été là ne peut être comme les autres. Le départ en vacances marque une première séparation, chacun aura son été et onze récits très différents, un par élève, décrivent leurs premiers pas dans un nouvel environnement souvent à l’ombre de leurs familles mais aussi leurs sentiments, leurs rêves, leurs inquiétudes… Septembre arrivera très vite, et ils se sont promis de se retrouver... Onze brefs portraits variés qui forment un livre rythmé d’un moment important de la vie de nombreux adolescents.

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Thème(s) : Jeunesse

 


- 30 -



Isabelle PANDAZOPOULOS
La décision
Gallimard
250  pages
9.5  euros

27-05-2013

 

    Louise est une brillante élève de Terminale S, aimée et admirée de tous. Pendant un cours de maths, Louise se sent mal et quitte la classe accompagnée de l'attentionné Samuel de deux ans son cadet pour aller à l’infirmerie. Ils trouvent portes closes et se dirigent vers les toilettes. Louise s’enferme et Samuel patiente. Mais lorsqu’il aperçoit le sang coulé, affolé, il court prévenir le Proviseur qui découvre Louise avec un enfant sur le ventre. Stupéfaction générale y compris de Louise qui hurle qu’elle n’a jamais eu de rapports. Cet évènement est un véritable tremblement de terre et bouleverse évidemment les entourages familial et amical de Louise. Les différents points de vue, l’ensemble des questions soulevées et des réponses avancées sont énoncés avec réalisme comme sont décortiquées les relations entre adultes et ados. L’évènement marque à jamais et aucun retour en arrière n’est admis, Louise doit décider de l’avenir de cet enfant, puis devra vivre avec cette décision, et elle en est en effet consciente. Aborder le déni de grossesse d’une adolescente était inédit et périlleux et Isabelle Pandazopoulos l’a parfaitement réussi, sans clichés ni pathos, loin de toute morale imposée, en préférant stimuler la réflexion du lecteur au cœur d’un flot continu et puissant d’émotions.

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Thème(s) : Jeunesse Littérature française

 


- 29 -



Jon Kalman STEFANSSON
Entre ciel et terre
Gallimard
255  pages
6.95  euros

29-04-2013

 

    La vie des pêcheurs islandais est âpre, le froid, la neige et les tempêtes, la mer et sa violence, la fragilité des embarcations… mais chacun part et repart même s’il sait qu’il peut s’agir du dernier voyage. Chaque marin sait ce qu’il doit faire et à quel moment. Malgré tout, leurs esprits voguent, s’occupent. Parmi eux, Baldur et le gamin ont une passion commune, la lecture et les mots et ils se font une joie de la partager sur mer. Mais le jour du départ, Baldur s’aperçoit qu’il a oublié le livre de poésie qu’il est en train de lire et repart le chercher. Il en oublie sa vareuse, erreur fatale, la mer et le froid ne pardonnent pas d’approximation. Au retour, le gamin que cette disparition a bouleversé et ébranlé, rapporte ce livre assassin à son propriétaire, autre amoureux des livres et de la lecture, sans avoir encore décidé s’il allait continuer le chemin de sa vie. Premier opus de sa trilogie, JK Stefansson prouve immédiatement son sens du détail, son art de la description, son amour des mots et de la langue, il se dégage une grande puissance de ses textes. Le lecteur est immédiatement happé et immergé dans le récit, la vie, la mort, la douleur, la souffrance mais aussi le rêve, les espoirs, les petits instants de bonheur. Entre Ciel et terre, quoi d’autres que la vie et la littérature ?

« Les hommes n’ont nul besoin de mots, ici, en pleine mer. La morue se fiche des mots, même des adjectifs comme sublime. La morue ne s’intéresse à aucun mot, pourtant elle nage dans les océans, presque inchangée, depuis cent vingt millions d’années. Cela nous apprend-il quelque chose sur le langage ? Eh bien, nous pouvons peut-être nous passer des mots pour survivre, mais nous en avons besoin pour vivre. »

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

Les titres de Jon Kalman Stefansson lus par Vaux Livres

 


- 28 -



Clélia ANFRAY
Le coursier de Valenciennes
Gallimard
148  pages
14.9  euros

29-08-2012

 

    Simon Abramovitch vendeur de chaussures dans le centre de la France vient en mission à Valenciennes. Il a connu Pierre Weill dans un camp de travail et Pierre est disparu après son départ pour Auschwitz. Simon ne l’a pas oublié, l’homme, ses poèmes, et ses précieuses lunettes qu’un Allemand s'appliqua à écraser méthodiquement, proprement sous sa semelle. Or Pierre lui confia quelques notes et le temps est venu de les apporter à sa famille. Simon pense déposer le paquet et retourner aussitôt chez lui. Mais dès son arrivée à Valenciennes, ville qui n’a pas encore digéré la guerre, l’ambiance devient étrange, pesante et lorsqu’il franchit la porte de la maison bourgeoise de la sœur de Pierre, les souvenirs s’imposent (« La guerre était bel et bien finie. Alors quoi ? Alors rien. C’était lui dans le fond qui n’en avait pas terminé. »), les douleurs remontent, les sentiments deviennent confus, se venger, pardonner, oublier… Le choix est fait, depuis le début certainement, Simon le sait maintenant. Un texte touchant avec comme toile de fond la vengeance et l’ambiance d’une ville du Nord en convalescence aux lendemains de la guerre.

Premier roman

« Renoncer n’était jamais au fond qu’une affaire d’habitude. Comme tout le reste. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 27 -



Rebecca MAKKAI
Chapardeuse
Gallimard
370  pages
21  euros

29-07-2012

 

    Lucy est bibliothécaire dans le Middle West. Trentenaire d'origine russe et célibataire, elle apprécie son métier et principalement les livres. Pourtant on ressent un manque, un trouble. Parmi les visiteurs, seul le petit Ian attire son attention et l'intrigue. Il passe beaucoup de temps dans la bibliothèque, adore lire et choisit souvent des livres atypiques pour son âge. Elle le guide, l'épaule dans ses découvertes. Ian est le fils unique d'un couple de chrétiens fondamentalistes à l'éducation "rigoureuse". Or, un matin, elle le découvre reclus dans la bibliothèque. Il ne veut pas rentrer chez lui, et contre toute attente, elle accepte et ils partent immédiatement en voiture à la découverte de l'Amérique. Tout au long du voyage, alors que Ian laisse filer ses rêves, Lucy s'interroge sur les raisons de ce voyage, sur ses motivations profondes mais aussi sur son histoire familiale. Avec un humour désespéré, Rebecca Makkai nous offre un road-book plaisant et contrasté.

Premier roman

"Après ce printemps nébuleux et cet été tortueux, je suis désormais certaine d'une chose : je ne peux pas sauver les gens. J'ai essayé, et échoué. Je suis sûre que certains en ce bas monde possèdent ce don, mais pas moi. Cependant, je continue de penser que les livres peuvent vous sauver."


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 26 -



Jérôme LEROY
Le bloc
Gallimard
300  pages
17.5  euros

30-10-2011

 

    Une immersion complète pour ne pas dire noyade au sein d’un groupe politique d’extrême droite, le Bloc. Etat des lieux à un moment crucial, puisque sa dirigeante, Agnès Dorgelles, fille du patriarche qui a dirigé pendant de longues années ce parti avant de lui céder récemment le poste, est en train de négocier leur entrée au gouvernement, pas moins de dix postes de ministres sont dans la balance. Et elle est en position de force alors que des émeutes meurtrières se déroulent dans le pays sans que le gouvernement puisse y mettre fin. La peur est omniprésente, dans tous les camps, elle est le point commun qui relie la population dans son ensemble. Mais pour passer dans le rang des partis « honorables », il faut faire le ménage parmi les éléments extrémistes qui en savent un peu trop et qui par le passé ont commis quelques violences que certains n’ont pas oubliées. Cette nuit de négociation est propice aux confidences d’Antoine le mari d’Agnès convertie à l’extrémisme par amour, pseudo intellectuel anar de droite et Stanko l’homme du peuple représentant des oubliés, des déclassés, la bête traquée par la milice du Bloc. Deux personnages extrêmes, pourtant loin d’être monolithiques, souvent répugnants mais parfois humains, qui ont juré fidélité au Bloc Patriotique, n’admettent aucune limite et la réussite du Bloc semble pour l’instant leur donner raison, le but est presque atteint ! Un roman noir glaçant miroir de notre quotidien.

« Tu te demandes vraiment, cette nuit, ce qui mérite le plus ton respect ou ton sacrifice. Une société ou neuf couples sur dix, en sortant du cinéma, avant même de s’adresser la parole, rallument leur portable ou celle où une jeune fille voilée est capable de se faire exploser à un poste frontière au nom de son peuple et de sa foi ? »

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

 


- 25 -



Jon Kalman STEFANSSON
La tristesse des anges
Gallimard
380  pages
21.5  euros

10-08-2011

 

    Jens le Postier arrivé fraîchement (dans les deux sens du terme !) au village accepte de remplacer l’un de ses collègues et d'assurer une nouvelle tournée vers les derniers et dangereux fjords du Nord. Le gamin est désigné pour l’accompagner. Ces deux êtres totalement opposés se voient unis dans ce raid ultime face à la puissance destructrice de la nature : l’âge, l'expérience, le physique, la parole, les centres d’intérêt, tout les sépare. L’un se réfugie dans la solitude de l’effort pour s’oublier, l’autre rêve à ses lectures poétiques, à ses amours prochains et à sa vie future (« Leurs yeux se croisent, mais ils ne se disent rien, il est vrai que les mots peuvent être tellement vacillants, tellement fragiles, il existe un tel abîme entre eux et les choses qui s’agitent au fond de vous, et cette distance est souvent source de regrettables malentendus, il arrive même qu’elle détruise des vies. »). Pourtant cet effort et cette aventure tissent pas à pas, flocon après flocon, des liens forts, Jens a promis de ramener le gamin indemne mais c’est pourtant lui le premier qui sauve Jens d’une mort certaine dans les eaux glacés. Chaque pas est un combat, la recherche de l’itinéraire souvent hasardeuse. Mais leur arrivée généralement inattendue dans les fermes isolées est toujours un instant de joie. Les nouvelles défraîchies qui se fanent à chaque pas pourtant victorieux du combat contre le froid et la neige sont accueillies avec bonheur, de quoi oublier pendant quelques instants le quotidien si âpre. Le récit oscille entre les réflexions et introspections inhérentes à la solitude et à l’effort produit par les deux compagnons et la description de leur combat permanent contre le froid, le vent et la neige. La chaleur de leur relation ne fait que peu de poids face aux aléas climatiques subis. A lire au coin du feu !!!

Sélection Prix Page des Libraires 2011

« L’homme meurt si on le prive de pain, mais il dépérit et se fane en l’absence de rêves. »

« Nous mourons si nous n’écoutons pas ce qu’enseigne l’expérience, mais nous moisissons si nous y prêtons trop d’attention. »

« Peut-être n’est-ce pas Dieu qui a créé le pêché, mais plutôt l’inverse. »

« Les seuls fantômes que j’ai rencontrés, ce sont les vivants. »

« Les deux hommes se taisent, le gamin par timidité, Jens parce qu’il préfère le silence à bien des choses, le silence est un refuge, il vous procure la paix. »


Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

Les titres de Jon Kalman Stefansson lus par Vaux Livres

 


- 24 -



Erri DE LUCA
Le poids des papillons
Gallimard
81  pages
9.5  euros

05-05-2011

 

    Superbe texte d’Erri de Luca où sa vision personnelle et poétique de la vie de deux seigneurs, deux géants solitaires de la nature en fin de règne bouleverse le lecteur : un chamois, grand, fort, puissant, mâle solitaire qui a vu sa mère et sa sœur tuées par les chasseurs et qui s’est élevé seul échappant à tous, régnant sur son domaine ; un homme, braconnier, qui a quitté les hommes déçu par ses espoirs de Révolution et rejoint la solitude de la montagne rêvant d’achever sa carrière en tuant ce roi qui lui a toujours échappé. Deux instincts de survie qui se ressemblent ou s’affrontent et les deux solitaires ayant l’expérience de la vie sentent leurs fins approcher. La montagne et la nature comme cadre sont sublimement décrites, les caractères finement esquissés, de la puissance du chamois à la force du chasseur en passant par la fragilité du papillon. Somptueuse allégorie appuyée par une écriture magique et sensible qui nous rappelle la proximité entre l’homme et la nature.

"Sur la corne ensanglantée du vainqueur se posèrent des papillons blancs. L'un d'eux y resta pour toujours, pour des générations de papillons, pétale battant au vent sur la tête du roi des chamois durant les saisons d'avril à novembre."

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Erri De Luca lus par Vaux Livres

 


- 23 -



Jean-Claude MOURLEVAT
Terrienne
Gallimard
320  pages
16  euros

27-01-2011

 

    Le lendemain de son mariage, Gabrielle, son mari et ceux qui l’accompagnent disparaissent sans explication et les recherches n’aboutissent pas. Sa sœur Anne est désespérée et attend un signe d'elle. Un appel au secours relance ses recherches lors desquelles elle rencontre un vieil écrivain, Etienne Virgil, en mal d’inspiration, qui l’aidera sans hésitation et sans retenue. Anne se sent proche de ce vieil homme et voit en lui un représentant de « ceux pour qui le monde n’est pas assez ». Il sera présent quand il leur faudra partir à la recherche de Gabrielle dans un monde parallèle où les gens sont étranges. Un monde aseptisé, figé, sans sentiments ni plaisirs, sans rires ou larmes ni même respiration. La peur règne, surveillance de tous les instants, crainte de l’autre, de l’inattendu, un monde froid, et administré qui pourtant enlève les plus belles terriennes pour enfanter des hybrides. Anne et Etienne passent d’un monde à l’autre afin de mener leur enquête en espérant ramener Gabrielle sur Terre. Par le contraste entre ces deux mondes, l’un parfait et lisse face à l’autre si imparfait et inattendu, JC Mourlevat ravive imperceptiblement notre amour pour la Terre. Il nous offre en outre des portraits aboutis de personnages particulièrement attachants notamment Etienne l’écrivain confiant qui découvre pour son plus grand malheur que parfois fiction et réalité se rejoignent et Anne la sœur aimante prête à tout pour retrouver sa sœur. Pour les petits et les grands !

« Rien n’est fantastique, ou plutôt tout l’est. »

Thème(s) : Jeunesse

Les titres de Jean-Claude Mourlevat lus par Vaux Livres

 


- 22 -



Patrick AUTRÉAUX
Soigner
Gallimard
95  pages
12  euros

12-11-2010

 

    Récit d’un homme qui vit une seconde vie après la guérison d’un cancer, mais un homme ancré dans le monde médical, proche des corps, des âmes et de la maladie où la frontière entre médecins et malades s’avère ténue. Parmi ces hommes, l’n se distingue : son grand-père, pilier protecteur de la famille, inconsolable depuis la mort de sa femme. Patrick Autréaux nous offre un texte poignant, entre récit et essai à la prose maîtrisée et sensible.

"Soigner, c'est-à-dire soigner jusqu'au bout, c'est traverser un champ dont on ne connaît ni l'état du sol, ni la nature des herbes. C'est accepter les fleurs d'orties, la gadoue putride, les entorses et aussi les odeurs fraîches, l'ombre piquetée de soleil d'un arbre solitaire. C'est fatigant et dur."

"Ce qui est vierge en nous est frigide à la parole. On croit comprendre, les idées ne donnent que des frissons. La jouissance est comptée. Rarement on peut éprouver la beauté du dévoilement qui éblouit et est près de nous détruire."

"Pour écrire, il faut du vide - un vide de mots et de choses à dire : n'avoir que la fougue à condenser."



Thème(s) : Littérature française

 


- 21 -



Nathalie KUPERMAN
Nous étions des êtres vivants
Gallimard
203  pages
16.9  euros

07-11-2010

 

    « Cela faisait maintenant une année entière que nous étions à vendre. Nous avions peur de n’intéresser personne, peur du plan social. On attendait le grand jour, le jour des pleurs, des adieux et peut-être éprouvions nous quelque plaisir à rendre poignantes, par avance, ces heures où nos vies basculeraient, où nous serions tous dans le même bateau, agrippés les uns aux autres avant de nous quitter pour toujours », pourtant le 16 mars, avec une tête d’enterrement, les 50 salariés de la Société Mercandier Presse écoutent leurs trois déléguées syndicales leur annoncer la vente de l’entreprise à un repreneur, Paul Cathéter, manager adepte des méthodes américaines… Nathalie Kuperman nous fait vivre parmi le choeur de la société, elle décortique non sans humour les sentiments et les réactions diffèrent, s’opposent, se rejoignent, l’union se fissure : démission, apathie, violence : « Avant, nous ne pensions qu’à travailler le mieux possible ensemble. S’aimer les uns les autres ne nous préoccupait pas, mais on vivait ! … aujourd’hui c’est au-dessus de nos forces, et nous nous regardons avec défiance ! ». L’évolution de l’intimité des principaux acteurs aux personnalités différentes nous est finement dépeinte par l’expression avec force, colère ou dépit de leurs voix intérieures afin de saisir parfaitement l’histoire d’une déchéance morale et humaine d’un groupe de salariés manœuvré, déréglé, par un manager sans scrupules, « un requin sans âme », une aventure qui se répète hélas mois après mois.

Thème(s) : Littérature française

 


- 20 -



France HUSER
La triche
Gallimard
165  pages
14.9  euros

07-11-2010

 

    Dès sa naissance, la narratrice commence de tricher. Ses parents attendaient un garçon, et ce fut elle ! La triche, le mensonge, l’ombre s’imposent dès ses premières années, un mode de vie qu’elle accepte et entretient, sorte d’hymne aux mensonges acceptés, aux mensonges nécessaires, comme aux mensonges gratuits sans nécessaire justification. Des mensonges qui l’entraînent dans une dualité constante : ombre et lumière, mensonge et vérité, perfidie et fausse douceur, respectabilité et machiavélisme, sagesse et perversité, fuite en avant et introspection… « La triche était une aventure, non pas gratuite, mais qui menait à une découverte de soi… » mais à force de mentir et de se mentir, s’apercevra-t-elle que la vie s’éloigne mensonge après mensonge…

Thème(s) : Littérature française

 


- 19 -



Jean-Baptiste DEL AMO
Le sel
Gallimard
297  pages
19.5  euros

10-08-2010

 

    L’histoire pourrait être considérée comme commune mais Jean-Baptiste Del Amo en la transformant en un roman dense, captivant et émouvant confirme la réussite de son premier roman ("Une éducation libertine") : une journée d’une famille ordinaire sétoise mais les secrets familiaux recèlent leur singularité... Elle s’apprête à se réunir pour un premier dîner pris en commun après la mort d’Armand le père omnipotent, violent, craint de tous. L’attente de cette réunion incite chaque membre de la famille à se remémorer son passé, leur passé commun mais aussi le passé de la famille sur plusieurs générations ("Ainsi pensaient-ils, au jour du dîner, comme à travers un tunnel, une faille dans le temps qui les eût poussés au ressouvenir"). Chacun participe à la reconstruction de ce puzzle, pièce par pièce, à des rythmes différents, avec des reprises, des ajustements… Au cours des trois chapitres, de la naissance (Nona) à la mort (Morta), les récits se chevauchent, s’entremêlent, s’éloignent pour mieux se réunir dans la description de l’intimité de chacun et de ses sentiments les plus profonds. Rien ne sera caché au lecteur, tout sera dévoilé, évènement après évènement, émotion après émotion... Louise la veuve prépare ce repas et attend Fanny la fille délaissée, sa rivale qui ne se remet pas de la mort de sa fille Léa, Jonas son fils adoré « malheureusement » homosexuel qui lui aussi pense encore à Fabrice son ancien compagnon et enfin Albin, son père tout craché, physiquement et psychiquement. Dans la difficulté à fonder une famille, l’amour et la mort se font face dans un combat violent qui semble déséquilibré et biaisé par la force de l'intime et du passé... Un grand roman, d’une écriture raffinée et maîtrisée qui nous rappelle, comme une évidence, que « la vie a passé si vite ».

Thème(s) : Littérature française

 


- 18 -



Alain MABANCKOU
Demain j'aurai vingt ans
Gallimard
381  pages
21  euros

28-07-2010

 

    Michel le narrateur est un jeune garçon qui vous entraîne à suivre ses traces dans Pointe-Noire, capitale économique du Congo tenue d'une main de fer par "l'immortel Marien Ngouabi". Autour de Michel s'active une palette de personnages tous plus singuliers les uns que les autres : un père adoptif réceptionniste dans un grand hôtel, maman Pauline une mère pleine de vie, Lounès l'ami indefectible, Caroline la petite amoureuse... Alain Mabanckou affirme une nouvelle fois son art à adapter parfaitement son style, sa langue et son écriture à ses personnages.

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Alain Mabanckou lus par Vaux Livres

 


- 17 -



Patrice LEO
Charly Croquette
Gallimard
10  euros

08-05-2010

 

    Charly est joueur et malicieux. Lorsqu'il accueille Marlon, un jeune chiot, sur ses lieux de jeux, il est loin de se douter qu'il vient de fonder une amitié indéfectible qui l'accompagnera tout au long de son existence.

Thème(s) : Jeunesse

 


- 16 -



Fabienne KANOR
Anticorps
Gallimard
169  pages
15.9  euros

04-02-2010

 

    La narratrice Louise mariée avec le même homme depuis 40 ans atteint un âge clé, temps des bilans… Elle semble emblématique d’une génération volontaire et engagée qui pense et espère avoir maîtrisé et changé sa vie par rapport à celle de leurs mères. Pourtant le bilan sans concession s’avère particulièrement morose. Une vie de mensonges, de petites acceptations, asphyxiant toutes les rebellions, qui, cependant, ne sont rien devant ce lent vieillissement, inexorable, avilissant, terrifiant qui transforme le corps, le déforme, l’éprouve, le mord, le ronge. Devant cet affaiblissement et cette déchéance physique accompagnés par des sentiments noirs de dégoûts et de colère qui n’épargnent rien ni personne, Louise se décide enfin à franchir le pas : « L’idée de prendre la fuite est venue après, quand, demeurée seule sur la cuvette W-C, j’ai senti mes jambes trembler, courir loin. Là où il me serait permis d’usurper toutes les identités. Ni Louise, Ni Singer, ni Serin. Ni cancéreuse, ni mère, ni rien. Quelqu’un de neuf, peut-être ». Une rupture sur le chemin de la liberté, mais sera-t-elle capable et pourra-t-elle en jouir pleinement ?

Thème(s) : Littérature française

 


- 15 -



Patrice BLOUIN
Tino & Tina
Gallimard
87  pages
12  euros

09-07-2009

 

    Tino et Tina sont frère et sœur. Ils sont parisiens et habitent dans deux appartements qui se font face. Leur mère les a laissés là et s’en allée alors qu’ils étaient encore adolescents. Deux ados qui ne se sont jamais quittés et ne se quitteront plus, à la vie, à la mort... Ils continueront de grandir ensemble, et le passage à l’âge adulte sera commun. Tels Charybde et Scylla, un petit texte étrange pour deux personnages mythologiques.

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


- 14 -



Stéphane AUDEGUY
Nous autres
Gallimard
252  pages
17.5  euros

15-01-2009

 

    Stéphane Audeguy vous attire dans son livre car vous serez l’un de « nous autres ». Mais évidemment ce « nous autres » est beaucoup plus vaste… Grande ambition. Nous autres, cette voix supplémentaire participe à l’observation, à la narration du long voyage de Pierre, 33 ans, au Kenya à la recherche d’un endroit où enterrer son père. Ce père que Pierre n’a pas connu vivait depuis plus de 30 ans au Kenya dans les quartiers les plus reculés, dans des endroits où les blancs se font rares… Il a choisi sa mort, un suicide et une mort « africaine » mais qui, même elle, lui sera refusée. Notre voyage nous permettra d’aller de découvertes en découvertes, de remonter l’histoire de l’Afrique de l’Est, mais aussi notre histoire actuelle et passés et finalement l’histoire de l’Homme.

Thème(s) : Littérature française

 


- 13 -



Kevin VENNEMANN
Près de Jedenew
Gallimard
149  pages
16.5  euros

15-11-2008

 

    Le lecteur se retrouve entre deux sœurs jumelles qui dans ce récit entremêlent passé et présent, souvenirs et actualité, le tout oscillant entre bonheur et horreur. Elles assistent depuis une cachette à la destruction de leur univers familial, sorte de pogrom non situé dans le temps et l’espace qui accroît la puissance de ce texte (on est loin des Bienveillantes). Elles racontent leur joie de construire cette cabane d’où elles assisteront à l’extermination de leur famille. Le bonheur annonce inexorablement le malheur. La tension est palpable à chaque page, dans les rêves, dans la réalité, une menace (« Ils arrivent ») plane, indéfinissable mais inéluctable, on sent l’horreur se mettre en place, tous le sentent, s’y attendent : « Nous savons depuis plusieurs jours ce qui va arriver, c’est-à-dire ce qui arrive aujourd’hui, mais nous sommes persuadées que nous nous imaginons des choses insensées, que nous affabulons comme nous le faisons toujours, à seize ans nous continuons à tresser tous les jours des nattes à nos poupées disposées sur les rebords de fenêtres, et nous nous racontons des histoires, nous adorons ça. ». Un livre dense et noir.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 12 -



Valentine GOBY
Qui touche à mon corps je le tue
Gallimard
136  pages
13.9  euros

22-08-2008

 

    Une journée au milieu du XXème siècle à la frontière entre la vie et la mort de Marie G. faiseuse d’ange et condamnée à mort, de Lucie L. qui vient d’avorter et de Henri D. exécuteur de l’état. Ces trois personnages sont tous liés à la mort et chaque chapitre présente sans rien d’autre que ce lien leur lutte pour la vie. Lucie vit une relation fusionnelle avec sa mère dans une famille où les filles et les femmes sont marquées par la mort. Elle raconte son enfance marquée par sa mère puis la douleur de l’avortement, elle avortera deux fois avant de prendre sa liberté pour partir à la recherche de l’homme dont elle rêve. Marie qui a épousé un militaire par lassitude devient faiseuse d’ange par hasard mais continue pour gagner de l’argent. Elle doit être guillotinée le lendemain. Elle a cinq enfants dont trois sont morts et a réalisé 26 avortements. Le gardien acceptant d’éteindre la lampe de sa cellule qui devait rester allumée, elle s’endort en rêvant à ses enfants. Henri sera l’exécuteur de Marie. Il fut mécanicien et parcourut le monde. A la mort de sa mère, il choisit le silence et suit sa famille à Paris où il rencontre Georgette fille d’un aide-exécuteur. Sa famille lui propose de rejoindre leur métier. Il délivre les dernières réactions des guillotinés ainsi que ses sentiments et sa préparation méthodique l’empêchant de craquer et lui permettant de supporter son terrifiant métier. Un récit éclairé par une très belle écriture avec une alternance entre les passages décrivant la vie des trois protagonistes et leurs liens étroits avec la mort omniprésente, lourde et pesante.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Valentine Goby lus par Vaux Livres

 


- 11 -



Régis JAUFFRET
Lacrimosa
Gallimard
218  pages
16.5  euros

21-08-2008

 

    Régis Jauffret continue de renouveler avec réussite à chaque roman. Lacrimosa est un roman épistolaire entre le narrateur, un écrivain que le lecteur attentif reconnaîtra et Charlotte. Ils étaient amants lorsque Charlotte s’est suicidée et elle écrit du Néant ou de l’au-delà. L’échange et le dialogue évoluent au cours du livre. Correspondance d’amants aimants jusqu’aux lettres de reproches (« Tu devrais tout de même savoir qu’on ne fait pas de scène de ménage à une morte ! »), aucun ton n’est omis. Elle le tutoie, il la vouvoie, elle l'apostrophe, il élude... Les lettres dévoilent leur relation et leurs personnalités. Elle aime la vie mais reste insatisfaite (« Ce que vous avez pu lutter, ce que vous avez pu vous débattre, ce que vous avez pu nager, pour garder la tête hors de l’eau, pour continuer à bouffer l’existence »), comme son amour non réciproque pour le skipper. Il est écrivain et demeure plus attentif, selon elle, à la prochaine page à écrire qu’à son entourage (« Et tu as fait de moi un procédé romanesque ! »). Un roman extravagant, inventif, original dans la forme et le ton, ne dédaignant pas l’humour moqueur, l'autodérision et l’ironie. Du plaisir à chaque page.

« La mort est une grand-mère qui rattrape les enfants qui lorsque la nuit tombe cherchent à fuguer. Elle les met au lit sans même les gronder, et les embrasse tout autant que ceux plus affectueux qui sont venus en plein midi lui réclamer un câlin au lieu de continuer à jouer sur la plage avec leurs petits copains. »

« Les morts ne se désaltèrent pas aux yeux des vivants, qu’ils gardent donc le jus de leurs glandes lacrymales pour saler les routes ! »

Thème(s) : Littérature française

 


- 10 -



Ian MCEWAN
Sur la plage de Chesil
Gallimard
149  pages
16.9  euros

15-07-2008

 

    Ils sont jeunes. Ils se rencontrent dans l’Angleterre des années 60, Angleterre puritaine d’avant la révolution sexuelle. Il pense devenir historien, elle est musicienne. Ils ne feront que s’effleurer avant le mariage, croiront se connaître et resterons vierges jusqu’au jour J. Mais devant leurs craintes, leurs troubles, leurs hésitations, la nuit de noces ne se déroule pas comme prévu et en un instant, un éclair, une décision, un mouvement, leurs vies basculent et s’éloignent définitivement.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 9 -



Yasmine CHAR
La main de Dieu
Gallimard
97  pages
10  euros

06-04-2008

 

    Une jeune fille de quinze ans vit au Liban pays au destin toujours aussi tragique. Tout concourt à son enfermement : enfermement dans son pays, enfermement dans la guerre et dans la mort, enfermement par les tabous de la société libanaise et par la religion, enfermement familial. Sa mère (française) est partie et a quitté brutalement la famille (« …cette mère si admirable qui bravait les vagues comme elle bravait quotidiennement les interdits d’une société : avec panache. Une attitude que seuls les gens passionnés peuvent avoir, ou les déments. »). Son père ne survivra pas à ce départ mais la protègera jusqu’à son dernier souffle (« Avant de mourir, il a exigé que je dispose d'une part d'héritage égale à celles de mes frères alors que le droit musulman ne prévoyait qu'une demi-part pour les femmes. Je me suis accrochée à cet épisode pour imaginer le père que j'aurais aimé avoir, complice, jaloux de ma liberté, faisant barrage entre moi et les diktats de la famille qui me voulait rangée et docile »). La guerre est omniprésente. Même si elle fait partie intégrante du quotidien et même si la population l’a finalement apprivoisée, elle empêche les enfants de profiter ou plus simplement de vivre pleinement leur enfance. La jeune fille affronte avec vigueur ces deux guerres, guerre familiale et guerre de son pays. Pourtant au milieu de ce tableau noir, l’amour persiste à éclairer sa vie. Amour éclair qu’elle rencontrera au milieu des ruines et des morts qui se révèlera vicié sans réussir à l’abattre. Histoire d’une adolescente indestructible, rebelle, d’une énergie folle qui veut continuer envers et contre tout à mordre la vie à pleines dents, « libre et rebelle, une enfant nomade en devenir, en partance », et dont l'exil facilitera peut-être l'oubli ("Pas de pardon, je n'y crois pas mais l'oubli, un jour, pour alléger la mémoire...").

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 8 -



Didier DAENINCKX
Camarades de classe
Gallimard
168  pages
15.9  euros

07-03-2008

 

    Alors que chaque jour est édité un nouveau livre concernant mai 68, Didier Daeninckx propose un angle original et attachant de quelques acteurs anonymes de cette période. François et sa femme Dominique (prénom neutre) ont une vie paisible et heureuse, leur couple résiste avec succès au temps. Seul François ressent une certaine lassitude face à son environnement professionnel de plus en plus déshumanisé et périlleux. Un message électronique arrive un matin dans sa boîte mais Dominique le lit et y répond à la place de son époux. Il s’agit d’une prise de contact d’un ancien camarade de lycée abonné au site « camarades-de-classe.com ». Dominique devient prisonnière de cette première réponse et suit avec intérêt les échanges de ses anciens amis présents sur une photographie de voyage scolaire. Les échanges révèlent l’histoire terriblement humaine et attendrissante de la banlieue rouge des années 60 à 70 mais dévoilent aussi un autre mystère fondateur de ce couple attachant…

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Didier Daeninckx lus par Vaux Livres

 


- 7 -



Amos OZ
Vie et mort en quatre rimes
Gallimard
132  pages
13.5  euros

21-02-2008

 

    Un écrivain participe à de nombreuses conférences et en devient blasé : aucun imprévu, il connaît à l’avance chaque question et les réponses attendues et finalement émises. Une vision réaliste et quelque peu désabusée de ces rencontres, ni l’auteur ni le lecteur ne sont épargnés. Pourtant avant l’une d’elles, son regard erre et laisse libre cours à son imagination. Chaque visage est observé et entraîne des divagations concernant chaque personne. Il imagine, il invente, des vies, des sentiments, un quotidien, avec une tendresse féroce parfois enrichie d'humour léger. L’écrivain retrouve sa passion, créer des histoires, jeu dangereux parfois, surtout lorsqu’il observe plus précisément la femme qui lit son texte avec tant de sensibilité… Un beau texte parfois ironique, parfois désabusé, toujours modeste et réaliste, sur la création littéraire, la force de l’imagination.

« Mais pourquoi écrire sur des choses qui existent indépendamment de toi ? Comment rendre l’indicible par des mots ? … Ecrire le monde tel qu’il est, tâcher d’emprisonner une nuance, un parfum ou un son dans des mots, c’est un peu comme jouer du Schubert en présence du compositeur qui ricane dans la salle obscure. »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 6 -



Anne SIBRAN
Je suis la bête
Gallimard
121  pages
13.5  euros

20-11-2007

 

    Une enfant nait dans la campagne. Heureux évènement et pourtant, ni elle, ni le lecteur ne connaitront ses parents : « Un jour, ils m'ont poussée dans un placard, puis ils ont refermé la porte. Et je ne les ai jamais revus. Ni la femme qui m'a sortie de son ventre. Ni l'homme qui me portait un peu.J'aurais dû en mourir, s'il n'y avait eu cette bête, entrée par la foret, sous le carreau cassé. ». La survie devient évidemment dès ses premiers jours sa préoccupation première à laquelle la Chatte contribue principalement. Elle lui apprendra tout, innocemment. La sauvagerie et le retour à l’état d’animal la gagnent et la transforment rapidement. Au fil des lignes, le lecteur se sent à la fois si proche d’elle dans cette lutte pour la survie et si éloigné devant les moyens mis en œuvre. Et puis, un jour, au détour du chemin, elle retrouvera l’Homme. Un retour dans ce monde sera-t-il possible ?

« La vérité, c’est que le chat forestier devient la bête avant le cri. Il est comme le tapis de feuilles où la proie imprudente est allée se motter. Quand il s’élance soudain, on dirait que les arbres le suivent. Qu’il entraîne après lui un bout de forêt. »

« Si bien qu’il faut partir. Ici aucune bête ne reste hors d’oreille trop longtemps. Narine flairante, elle se coule aux passe justes, retourne à ses sentiers de discrétion. »

« Jamais je n’aurais cru qu’il y avait tant de manières de souffrir pour désapprendre la forêt. »

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Anne Sibran lus par Vaux Livres

 


- 5 -



Dominique BARBÉRIS
Quelque chose à cacher
Gallimard
159  pages
13.9  euros

19-08-2007

 

    Il est gardien de musée et peint à ses heures perdues dans une petite ville des rives de la Loire proche d’une centrale nucléaire. Un jour, Elle franchit les portes du musée. Elle est partie depuis plus de vingt ans mais il la reconnaît immédiatement. Marie-Hélène, enfant, venait chez sa tante au château de la Boulaye. Elle était différente, se liait à tous et à personne. Les souvenirs inondent sa mémoire sans effort. Pourquoi ce retour tardif ? Le soir, sous une pluie battante, il passe devant le château encore éclairé et le lendemain, elle est retrouvée assassinée. L’enquêteur ami du peintre découvre qu’elle avait déjeuné avec un ingénieur de la centrale le midi, un long repas... Une ambiance sombre et étrange à la Chabrol...

« On n’a pas tellement de temps dans une vie. Je voyais la fille devant moi dans cette salle de musée, et c’était ce que je pensais : on a si peu de temps dans une vie. Un jour, on se regarde dans une glace, et on se dit : voilà, voilà. On n’a même pas de mots pour le dire. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Ludmila OULITSKAÏA
Mensonges de femmes
Gallimard
187  pages
16.5  euros

29-06-2007

 

    Roman ou recueil de nouvelles sur le thème du mensonge féminin. Selon L. Oulitskaïa, ces mensonges sont gratuits, sans but réel, souvent pour le plaisir et moins stratégiques ou calculateurs que le mensonge masculin (« Peut-on comparer le bon gros mensonge masculin, stratégique, architecturé, aussi ancien que la réponse de Caïn, avec ces charmants petits mensonges de femmes dans lesquels on ne décèle aucune intention, bonne ou mauvaise, ni même aucun espoir de profit ? ». Ces nouvelles vous plongeront dans un monde slave où la fantaisie règne et où le mensonge embellit la vie et n’empêche pas la tendresse.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 3 -



Marie NDIAYE
Mon coeur à l'étroit
Gallimard
299  pages
17.5  euros

10-02-2007

 

    Vous aimez les romans avec une belle intrigue bien ficelée, un début, une progression, une belle fin, les romans où l’histoire dans sa totalité sans aucune ombre vous est dévoilée laissant peu de marge à votre imaginaire et à vos interrogations, alors le dernier roman de Marie Ndiaye n’est pas pour vous. Histoire réelle, rêve ou prise de conscience de sa véritable nature, Marie Ndiaye nous propose de rencontrer Nadia et Ange, un couple d’instituteurs bordelais sans histoire. Ils exercent dans le même établissement et s’estiment d’excellents professionnels. Et pourtant, le livre commence avec le dérèglement complet de leur vie sans qu’ils ne maitrisent ni n’expliquent quoi que ce soit. Le couple est victime d'ostracisme à l'école à la fois des collègues et des enfants et toujours sans la moindre explication. Le monde environnant les rejette également. Cette exclusion est-elle réelle ou Anna s’exclut-elle elle-même de cette société ? Le lecteur demeure aussi indécis, que leur arrive-t-il ? pourquoi ? Rêve ou réalité ? Ces questions le hantent du début et à la fin de sa lecture (et même après). Devant l’incompréhension du couple face à ces événements, Nadia raconte progressivement sa vie et ses ressentiments, ses haines et ses colères mais aussi ses contradictions surgissent. Sans tomber dans le pur fantastique, les faits extraordinaires qui émaillent le récit renforcent l’impression d’étrangeté, d’angoisse, et d’attente du lecteur. Un roman singulier que l’on n’oublie pas.

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Nicole KRAUSS
L'histoire de l'amour
Gallimard
356  pages
21  euros

27-08-2006

 

    Un livre "L'Histoire de l'amour" est au centre du roman de Nicole Krauss qui unit trois narrateurs Zvi Litvinoff, Léopold Gursky et Alma Singer. Alma Singer sait que son père a offert un exemplaire de ce livre à sa mère et que son prénom a été choisi en hommage à l'héroïne du livre. A la mort de son père, Alma décide de retrouver cette femme. Zvi Litvinoff, juif polonais émigré au Chili a publié en espagnol ce livre. C'est son unique roman et les 2000 exemplaires édités disparurent rapidement. On suit également les déboires de Léo Gursky juif polonais émigré aux USA. Il émigra alors que son amour de jeunesse, Alma, était déjà installée aux USA et mariée. Les recherches d'Alma l'amèneront à rencontrer Léo Gursky qui se plaira à reconnaître en elle son amour de jeunesse...

Ces trois personnages principaux ont tous à voir avec ce fameux livre mais ne font-ils pas partie de la même histoire ? Disparition, errance, trahisons, amour nourrissent l'histoire de ces émigrants juifs polonais. Les recherches conduites par Alma nous tiennent en haleine dans ce véritable puzzle dont les pièces se rapprochent et s'emboîtent page après page. Un roman riche à découvrir.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 1 -



Patrick DECLERCK
Le sang nouveau est arrivé - L'horreur SDF
Gallimard
92  pages
5.5  euros

30-12-2005

 

    Patrick Declerck a publié "Les naufragés, avec les clochards de Paris" en 2001 chez Terre Humaine. Cette expérience et les événements qui ont ensuite émaillé l'actualité l'ont amené à publier ce pamphlet cinglant, grinçant et réaliste qui expose nos visions collective, individuelle, associative des SDF et de leurs conditions. Ca fait mal et personne n'est épargné : les médias, les associations, chacun de nous, mais c'est pourtant un livre à découvrir.

A LIRE ABSOLUMENT POUR SOUFFRIR ET REAGIR.

Thème(s) : Littérature française

 


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