'La vie est légère, il n'y a que l'homme pour la rendre pesante.'   Thierry Luterbacher

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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L'Escampette




- 5 -



Allain GLYKOS
Aller au diable
L'Escampette
124  pages
14  euros

28-06-2007

 

    Antoine jeune garçon suit ou subit une éducation classique. Son père nourrit de grandes ambitions pour lui. De retour de l’école, Antoine reste à l’écart et observe dans un mutisme profond (« Antoine détestait qu’on l’obligeât à donner des gages de ce qu’il deviendrait quelques années plus tard. Un homme, un vrai, comme les autres ») : il observe les fourmis et les jambes des clients du café de son père. Puis un jour, après son bac, Antoine décide de ne plus participer à la vie des hommes et de partir pour ne pas laisser de trace. Il veut désapprendre (« Pour la première fois, il doutait de pouvoir un jour oublier tout ce qu’il avait dans le crâne »), revenir à un état animal. Il marche sans bruits, sans paroles, il marche sans but (« Marcher, aller, était le seul moyen qu’il avait trouver de déserter la trace immédiate des pas qui précèdent les pas à venir »), avec entêtement sans se retourner, sans avenir (« Qu’on pût lui dire à plus tard, à tout à l’heure, à bientôt, à demain, lui semblait un atteinte à sa liberté et l’encourageait à ne plus revenir. Il ne cessait de répéter, je vais où je suis, je suis où je vais. Que le Nord perdît sa trace ! Il dénonçait l’espoir et tout ce qui paralyse l’homme et l’oblige à rester. »). Sur son chemin, il rencontrera une femme qui le suivra comme une espèce de délivrance mais sans vraiment savoir pourquoi. Elle ne le comprendra pas mais suivra à quelques mètres de lui jusqu’à l’issue du voyage. Antoine est brutal, sans sentiment mais ne fournit pas d’explication et ne cherche ni à se justifier ni à ce que l’on le comprenne. Il avance. Pour «aller au diable»...

Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Bernard MANCIET
L'eau mate
L'Escampette
61  pages
10  euros

21-04-2007

 

    Roman posthume de Bernard Manciet. Un homme affolé, angoissé, fuit et cherche à se fondre dans une nature hostile et parfois amie... Le lecteur reste en attente et le suit attentivement dans sa marche au milieu de cette forêt inconnue avec l’eau actrice ou compagne omniprésente : qui poursuit cet homme ? un homme ? un animal ? quel ennemi ? lui-même ? parabole sur l’existence humaine ? Que le lecteur n'attende pas de réponse. Une écriture parfaite, limpide et formidablement maîtrisée emporte le lecteur dans ces sous-bois humides, parfois accueillants et parfois inquiétants. Une vraie écriture !

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Hélène LANSCOTTE
Portraits sauvages
L'Escampette
112  pages
14  euros

08-12-2006

 

    Hélène Lanscotte nous plonge dans dans la vie d'un village isolé où le silence et la pierre occupent une place prépondérante. Avec un style simple et direct, elle dresse une galerie de portraits de "taiseux" qui s'observent et se jaugent mutuellement. Seule l'arrivée inattendue de "l'homme du gouvernement" venu recruté des hommes pour la guerre viendra rompre la quiétude du village. Les langues se délieront ce qui provoquera chez ces villageois habituellement silencieux l'éclatement au grand jour des haines et rancoeurs qui sommeillaient. A découvrir (sortie en février).

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Christophe CAILLÉ
Sur terre pour si peu de temps
L'Escampette
151  pages
18  euros

21-08-2006

 

    Dans son premier roman, Christophe Caillé nous emporte au XVème siècle pour nous conter les histoires parallèles et proches de Gilles de Rais (ou Retz) et de Jacques, son compagnon d'enfance. Le roman, mais là n'est pas le propos, n'apporte pas de faits nouveaux concernant l'histoire de cette légende sombre, fou sanguinaire amoureux de jeunes garçons et jouissant de leurs souffrances. Dès sa naissance, Jacques est lié irrémédiablement à Gilles qui devient son maître : "je le connais comme le chien connaît son maître... c'est un homme extravagant qui fait à tout moment ce qu'il a envie de faire et dit ce qui lui passe par la tête. Ne prête pas attention à ce qu'il raconte, ce n'est pas un homme bon." répondra un jour Jacques à sa femme qui l'interroge sur Gilles. Le récit montre la fuite et le délire de Gilles de Rais : "Il murmurait que c'était plus fort que lui, qu'il avait beau essayer de ne pas écouter son désir, il l'entendait constamment, et même, plus il voulait le réprimer plus il s'exaspérait, et sa tête alors semblait sur le point d'éclater ; jusqu'au moment où n'en pouvant plus il retombait dans la débauche comme le chien retourne à son vomi". Il finira sur un gibet accompagné de deux de ses plus proches acolytes, exécuteurs des basses oeuvres... Jacques assiste au déroulement de cette vie diabolique mais refuse de croire les rumeurs entourant Gilles et ses pressentiments. La mort de Gilles provoquera sa fin et il deviendra lui-même la proie des démons avant de basculer dans la damnation éternelle.

Une écriture pure, limpide et directe au milieu de la folie, des croyances et de la sorcellerie.

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Antoine PERCHERON
Végétal
L'Escampette
38  pages
6  euros

30-12-2005

 

    Antoine Percheron décède à 25 ans d'une tumeur au cerveau. Ce court texte inachevé fut retrouvé dans ses papiers. Ce texte exceptionnel est la métaphore d’une maladie où l’auteur s’imagine plante, métaphore pourtant réaliste puisque la tumeur d’Antoine Percheron était un oligodendrogliome dont la caractéristique est de naitre des racines au fond du cerveau.
Un petit bijou lumineux à découvrir.

Thème(s) : Littérature française

 


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