'La dictature des gens généreux, c’est terrible.'   Blaise Gauquelin

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Liana Levi




- 35 -



Didier CASTINO
Rue Monsieur-le-Prince
Liana Levi
202  pages
17.5  euros

22-05-2017

 

    1986 serait-elle une année charnière, un tournant ? Comment ont grandi, vieilli, les étudiants de l’époque qui participaient aux manifestations contre la loi Devaquet ? Qu’ont-ils accepté ? Renoncements ou continuité ? Ils ne peuvent avoir oublié Malik Oussekine et sa course, sa fuite, lui qui ne manifestait pas, simplement mis en mouvement par la peur (« On court parce que les forces ne sont pas égales, on court parce qu’il y a un déséquilibre, l’un veut s’enfuir, d’autres veulent l’atteindre, le soumettre. ») qui le mènera derrière une porte d’immeuble où les voltigeurs le retrouveront, le tabasseront et le tueront. 20 rue Monsieur-le-Prince. Ils ne peuvent oublier les commentaires affligeants après sa mort. Ils ne peuvent oublier les discours de haine du Front National qui poussait la porte médiatique. 1961, 1968, 1986, on peut énumérer les années où l’état et son bras armé ont choisi la violence pour étouffer des convictions, des engagements, des désaccords, des luttes et des vies. Quelle évolution depuis ? A partir de la vie de Hervé et de ses questionnements et des courses infinies et pour le plaisir de son frère Victor, Didier Castino rend un hommage, une dignité à toutes les victimes de la violence d’état. Il revient sur l’Histoire, les luttes, les engagements, incite chaque lecteur à réfléchir, à se souvenir, à se questionner sans jamais donner de leçon. Un livre indispensable pour replacer définitivement Malik Oussekine au cœur de l’Histoire, de notre Histoire.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Didier Castino lus par Vaux Livres

 


- 34 -



Xavier GLOUBOKII
Ecorces
Liana Levi
185  pages
17  euros

06-02-2017

 

    Ahmed est le shérif d’un comté proche d’une forêt que seule les scieries dérangent et menacent, le béton gagne du terrain, inexorablement. Pour le reste, c’est le calme plat ! Jusqu’à l’arrivée de quelques membres du Renouveau Organique, drôles d’oiseaux venus défendre les arbres et la forêt. Déguisés en arbres, ils sont bien décidés à s’opposer aux coupes dévastatrices et œuvrer pour préserver cet espace naturel. Maria l’amie d’Ahmed lui annonce avoir trouvé une bête, ou plutôt ce qu’il en restait, « un tronc sans queue, ni tête, ni pattes. » La forêt devient étrange, elle recrache animal après animal, tous mutilés et elle semble épier les visiteurs. Atmosphère étrange voire inquiétante. Ahmed saura-t-il éclaircir ce mystère ?

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 33 -



Ernst LOTHAR
Mélodie de Vienne
Liana Levi
670  pages
24  euros

12-12-2016

 

    « Mélodie de Vienne » relate la vie d’Henriette Stein, une jeune femme juive, belle et élégante, une jeune Autrichienne de la fin du XIX ème qui se marie, sans amour, avec Franz Alt. Elle rejoint donc sa famille (facteurs de piano), la bousculant dans ses habitudes et dans la vie bien rangée qu’elle mène. Ils ne sont pas nobles, mais les fréquentent, un monde de faux-semblants où l’ambiance est feutrée (« …les phrases convenues, si peu vivantes… ») et où la frivolité d’Henriette détonne. Pourtant, ils vivent tous ensemble, et elle sera contrainte de mentir, de mentir, pour vivre, elle, la sensible au cœur d’un monde froid et distant. Une magistrale saga familiale illuminée par une écriture élégante et délicate mais aussi un portrait rare de l’Autriche de la fin du XIXème au début du XXème qui a évidemment des résonances avec notre époque : l’Autriche des Habsbourg aussi raffinée qu’irrespectueuse de l’humain, l’Autriche fière, l’Autriche de la musique et de la littérature qui suivra Hitler, l’Autriche guerrière et expansionniste.

« Gouverner signifie donner aux gens un présent et - surtout - un avenir ! Or tout ce qu’on nous donne, c’est, au mieux, un passé galvanisé ! »

« Mais la vie est fondée sur le respect, et qui n’en a pas, comme vous, et ne l’exige pas comme moi, n’est pas libre comme vous le pensez, mais moins libre que tous, car il est dominé par des jugements arbitraires ou faux. »



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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Elisabeth Landes

 


- 32 -



Ernest J. GAINES
L'homme qui fouettait les enfants
Liana Levi
112  pages
12  euros

12-11-2016

 

    Le tribunal vient de rendre son verdict : le jeune homme accusé est condamné et à cet instant, un cri retentit dans la salle : « Fils ! », deux coups de feu suivent tuant le condamné. Le shérif Mapes même s’il a quelques difficultés à remuer ses cent cinquante kilos arrive rapidement et accorde étonnamment les deux heures que le vieux Brady Sims, l’auteur des coups de feu, lui demande. Un jeune journaliste est présent et aimerait bien comprendre cette surprenante autorisation. Il va savoir prendre le temps et écouter ceux qui savent. Tranquillement, sans les brusquer. Il se retrouve dans un salon de coiffure où quelques hommes sont présents et vont conter le parcours de Brady Sims, une fois lancés, on ne peut plus les arrêter, leurs témoignages s’entremêlent et aimantent les présents (comme le lecteur). Un court roman à la construction originale, chronique sociale, portrait des noirs américains toujours suspects jamais tranquilles avec une forte et obsédante odeur de blues.

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Michelle Herpe-Volinsky

 


- 31 -



Négar DJAVADI
Désorientale
Liana Levi
350  pages
22  euros

10-08-2016

 

    Désorientale suit l’itinéraire personnel et familial de Kimiâ, d’Iran en France à partir des années 60, à la recherche de son propre chemin, de sa maison. Par son intermédiaire, le lecteur balaye l’histoire récente de l’Iran, le régime du Shah, l’arrivée au pouvoir de Khomeiny puis son accueil par la France, la répression des opposants (dont faisaient partie ses parents) aux deux régimes, Négar Djavadi entremêle cette grande Histoire à la fresque de la famille Sadr sur trois générations. Une famille nombreuse et virevoltante, un pays à forte culture, un exil périlleux à travers la montagne, un nouveau pays, une nouvelle langue, trouver son identité et son équilibre et pour cela Kimiâ devra faire d’autres rencontres, l’image, la musique, Anna, la procréation assistée, d’autres voyages peut-être moins lointains et moins éprouvants mais tout aussi essentiels et bénéfiques pour se détacher sensiblement de son pays natal et trouver sa propre identité, sa place et apprendre lentement à être heureuse. Un premier roman ambitieux et parfaitement maîtrisé, le ton est vif et personnel, il interpelle et entraîne immédiatement le lecteur confident ou témoin, l’équilibre entre l’intime et l’Histoire est judicieux, tout est imbriqué, le contraste permanent, les thèmes sont multiples et traités en profondeur, la fougue, le tempérament et l’envie de liberté de l’héroïne vivifiants. Un premier roman au top !

« Comment croire, alors que la vie s’étale devant soi aussi infinie que le monde, qu’un simple mot puisse la résumer tout entière ? »

« On a la vie de ses risques, mes chatons. Si on ne prend pas de risque, on subit, et si on subit on meurt ne serait-ce que d’ennui. »

« Sauf que la liberté est un leurre, ce qui change c'est la taille de la prison. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 30 -



Pascale DIETRICH
Une île bien tranquille
Liana Levi
158  pages
15  euros

30-04-2016

 

    Les îles bretonnes sont souvent balayées par le vent, un vent puissant qui bouleverse la vie et bouscule parfois les curieux en haut des falaises… Le maire de Trevedic le savait mais sera néanmoins retrouvé mort au bas des rochers. Sa fille, Edelweiss, quitte donc son mari parisien bobo et « un peu connard » pour revenir sur l’île où elle est née afin d’enterrer son père (« Dans une heure, je serais dans un autre monde, une société miniature, celle où j’avais grandi. »). Mais son île a changé, étrangement, elle sent que quelque chose cloche. Des voitures de luxe peuplent l’île, des caméras de surveillance sont apparues, quelques yachts sont amarrés… Alors quand elle se met à douter de l’accident de son père (« A Trevedic, on comprend très tôt que le vent est la clef de tous les alibis. »), Edelweiss se doit d’enquêter auprès des îliens évidemment peu bavards : « Les îliens sont pudiques. Ils n’évoquent leurs malheurs que chez eux, abrités par le cercle de mer qui fait barrage au reste de l’humanité. » et même « Il y a un honneur à ne pas parler ». Mais Edelweiss a de la suite dans les idées, et malgré les menaces claires qu’elle subit, elle est bien décidée à découvrir la source de cette mutation et richesse intrigantes. Une enquête vivifiante et légèrement immorale, juste ce qu’il faut, qui prouvera que les Bretons imaginatifs ont de la ressource et que si les huîtres venaient à manquer, ils ont déjà trouvé un produit de substitution !

« Il ne faut pas chercher à aimer tout chez un homme. Je l’ai appris à mes dépens. Il faut en aimer une partie suffisante, au moins cinquante pour cent. Le reste, il faut parvenir à l’accepter, sinon c’est mort. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Pascale Dietrich lus par Vaux Livres

 


- 29 -



Lionel SALAÜN
La terre des Wilson
Liana Levi
202  pages
17.5  euros

24-04-2016

 

    Au début des années 30, la Grande Dépression étreint l’Amérique et l’Amérique profonde n’est pas épargnée. Dick Wilson après 15 ans d’absence revient sur les lieux de son enfance au nord-ouest de l’Oklahoma. Un territoire pauvre où le soleil brûle, la terre sèche et l’eau rare. En outre, depuis peu, la zone est asphyxiée par le vent et les terribles tornades dust bowl qui font voler le sable et la terre. Les fermiers ne s’épargnent point, le travail est harassant et permanent, les résultats maigres et la misère partagée, les hommes sont rudes, rustres et secs. Dick débarque avec une belle voiture, un beau costume, propre sur lui, il semble avoir réussi, et retrouve la ferme familiale intacte : le père n’a pas changé, lui et sa violence aveugle avaient provoqué son départ avec sa mère, mais le père vit maintenant avec l’ancienne copine de Dick, Annie Mae, et leur petite fille ; la mule Jessie est toujours là et a donc résisté à la rage et la violence répétée du père. Dick est-il venu régler ses comptes ou seulement monter une affaire juteuse sur fond de prohibition et/ou de recherche pétrolière ? Un roman réaliste et noir, au plus près des personnages et de leur destin, le lecteur est immédiatement au milieu du décor tant l’atmosphère l’enveloppe dès les premières pages, tous les personnages apportent leur pierre au récit et y trouvent parfaitement leur place, Jasper l’homme à tout faire de Dick étant particulièrement réussi. Une tragédie digne des grands auteurs américains inspirés par l’Amérique profonde.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Lionel Salaün lus par Vaux Livres

 


- 28 -



Emmanuel GRAND
Les salauds devront payer
Liana Levi
380  pages
19  euros

07-01-2016

 

    Deuxième roman d’Emmanuel Grand, et l’on peut déjà constater qu’il réussit parfaitement à singulariser ses histoires dans une région, la Bretagne dans le premier (« Terminus Belz »), le Nord de la France cette fois et à camper des personnages complexes et attachants. Wollaing, petite ville du Nord de la France, subit un chômage pesant et handicapant depuis que les usines ont fermé une à une et notamment la grande aciérie Berga qui employait tant de monde et où chacun a tissé des liens ou des haines et ne les a pas oubliés. Dans cette friche industrielle, la classe ouvrière n’espère plus que la survie et chacun se débrouille comme il le peut, Pauline une jeune toxico qui peine à sortir de la drogue, Antoine Vanderbeken un médecin dévoué et attentif à la population et à ses difficultés, Freddie patron d’une salle de sport mais aussi expert en la récupération des mensualités impayées de prêts non officiels… Alors lorsque Pauline est retrouvée tristement assassinée, Wollaing gronde, le coupable idéal semble désigner mais c’est sans compter la pugnacité et l’instinct du commandant Erik Buchmeyer, flic borderline et moins cartésien que son attirante assistante le lieutenant Saliha, qui n’hésitera pas à remonter loin, très loin afin d’éclaircir le passé, de mettre à jour les liens et blessures ouvertes. Des rebondissements, du suspense, une trame complexe, des personnages fouillés, une région dévastée et oubliée, du social et des luttes ouvrières, une grande confirmation que ce deuxième polar d’Emmanuel Grand !

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Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Emmanuel Grand lus par Vaux Livres

 


- 27 -



Iain LEVISON
Ils savent tout de vous
Liana Levi
232  pages
18  euros

22-10-2015

 

    Snowe assure sérieusement son boulot de flic dans une petite ville du Michigan. La petite routine qui s’est installée au fil des ans est bouleversée le jour où il s’aperçoit, interloqué, qu’il a un pouvoir étrange et incroyable : il lit dans la pensée des gens. Bien pratique dans son métier, les délinquants n’ont plus de secrets pour lui mais aussi dans sa vie quotidienne et personnelle ce qui s'avère in fine assez perturbant. Bien loin de lui, Brooks Denny vit ses dernières heures dans le couloir de la mort et possède le même pouvoir qui lui permet d’exceller pendant les parties de poker en prison. Ces comportements exceptionnels n’ont pas échappé au FBI qui dépêche Terry une enquêtrice qui propose à Brooks un marché : la vie sauve contre une observation d’une négociation secrète entre le gouvernement américain et un chef d’Etat africain. Mais Brooks n’est pas aussi crédule que le FBI l’estime, et détecte la manipulation et s’enfuie. Une fuite qui le mènera jusqu’à Snowe et quand deux manipulés se rencontrent… Entre le polar et le roman d’anticipation, Iain Levison nous parle efficacement de l’homme d’aujourd’hui et de demain, de surveillance et de manipulation déjà bien au cœur de nos sociétés… Suspense garanti !

« Les gens croient que la confiance se mérite, mais en réalité croire ce qu’on vous dit, est chez les humains, la configuration par défaut. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Fanchita Gonzalez Batlle

 


- 26 -



Paola PIGANI
Venus d'ailleurs
Liana Levi
172  pages
17  euros

30-08-2015

 

    Mirko et sa sœur Simona après un périple douloureux s'arrêtent à Lyon en 2001. Comme beaucoup de leurs compatriotes, ils ont quitté le Kosovo, pays en guerre, guerre qu'ils ont vécue et subie et ne pourront jamais oublier. Après un passage par l'Italie, ils s'installent en France et l'aventure continue dans le dédale des formalités administratives pour obtenir un statut salvateur, trouver un foyer… Chacun réagit en regard de son vécu. Simona est particulièrement volontaire, décidée à rester en France et accorde une importance primordiale à la langue qu'elle découvre et apprend. Elle veut se l'accaparer, s'imprégner des mots, les faire siens, et chaque phrase devient une victoire et une preuve d'amour à son nouveau pays (« Simona garde les mots en bouche comme des bonbons. Elle en suce le silence jusqu'à ce que son cerveau veuille bien associer les images aux sons, aux lettres et restituer une partie de leur corps. Elle roule sa voix sur cette nouvelle langue. Elle l'aime. Elle la crache. Elle la chante avec toute la hargne qui l'habite. »). Mirko, plus âgé, mutilé et peut-être plus marqué par la guerre, demeure plus silencieux et solitaire. Il a trouvé un autre mode d'expression dans les graffs. Chacun essaie de protéger l'autre tout en vivant comme il le peut son exil. L'auteur montre bien que, contrairement aux poncifs habituels, toute généralisation est insensée, chaque exil (et chaque douleur) étant en effet singulier, douloureux et personnel. Sans larmoiement mais avec clairvoyance, elle décrit la difficulté immense de l'exil mais aussi les belles rencontres qu'il suscite et l'importance de la langue. Des courts chapitres, des phrases courtes, un style percutant pour un livre essentiel au coeur d'une actualité si pénible.

« Chacun a vécu sa peur comme il a pu, au gré de l'urgence, de sa haine… Mirko et sa sœur Simona sont partis sans réfléchir dans la fumée d'un incendie. Ils ont tout quitté. La peur de Milosevic, Mitrovica, leur ville, plus loin le village des grands-parents. A chaque lieu, une nouvelle vérité, une nouvelle impossibilité. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 25 -



Didier CASTINO
Après le silence
Liana Levi
223  pages
18  euros

16-08-2015

 

    Louis Catella est un homme emblématique. Communiste catholique, lui et l’usine (Fonderies et Aciéries du Midi) ne font qu’un. Si l’on parle de lui, on parle de l’usine, réciproquement et nécessairement et le temps de la confession est venu. Louis se raconte dans un monologue destiné à son plus jeune fils qui avait sept ans au moment de sa mort. Il raconte son métier, l’usine, le syndicat, ses engagements et ses luttes, mais aussi la famille, son amour pour Rose et pour ses enfants, la lutte pour la vie et pour les quelques instants de bonheur volés. Louis et ses enfants forment une famille de gauche, la vraie gauche, « Même les enfants ne connaissent que la bonté et la ferveur de la gauche, c’est grave de ne pas être de gauche, c’est un principe, tous les gens qui viennent à la maison sont de gauche. Et même dans la gauche, il y a la gauche gauche et la gauche un peu moins. Tonton Henri, il est un peu moins, il est socialiste, mais il est à gauche quand même, notre ami Alexandre, c’est pareil, à gauche mais un peu moins. ». Les enfants comme Louis ont un chemin tracé, tout d’abord parce que c’est comme ça (« Très tôt on comprend que certaines choses nous sont étrangères, tout s’organise entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas, ceux qui vont à l’école et ceux qui travaillent, c’est l’un ou l’autre. ») mais aussi pour des raisons pécuniaires (« L’école s’impose comme une fausse route, pleine de dangers, et qui ne permettra pas ni à ma mère ni à mon frère ni à personne de vivre. Il faut très vite gagner de l’argent. »). Puis en 1974, Louis meurt et il faut continuer la route. Le fantôme de ce père observe la vie de la famille sans lui, dialogue avec ce plus jeune fils, avec tendresse et douleur mais aussi regrets, doute et culpabilité. En effet, la tradition a été rompue, le fils est devenu prof abandonnant l’usine, le PC et la CGT, et tente de justifier ses choix auprès de ce père modèle. Tableau sensible et poignant de la condition ouvrière des années 70, une époque révolue où le Nous (« Nous existons, même sans rien, même estropiés. ») avait encore un sens et portait espoir et rêve. Portrait vivant sans concession, sans misérabilisme, dans la vérité et le réalisme, à la construction particulièrement accomplie.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Didier Castino lus par Vaux Livres

 


- 24 -



Milena AGUS   -  Luciana CASTELLINA
Prends garde
Liana Levi
175  pages
17  euros

02-03-2015

 

    « Prends garde » propose deux angles (différents) des mêmes évènements, littérature versus histoire. La pauvreté est immense et terrible à l’issue de la deuxième guerre dans les Pouilles. La tension est extrême et l’arrivée de nombreux réfugiés n’arrange rien… Néanmoins les riches propriétaires n’en prennent pas la mesure et continuent de vivre une existence privilégiée bien éloignée de la réalité du peuple. Alors un soir, lorsqu’un coup de feu est tiré à Andria, village des Pouilles, la rumeur s’étend instantanément, les coupables sont trouvées, ce ne peut être que les sœurs Porro recluses dans leur château. Lynchage expéditif, violence aveugle, toutes les frustrations, haines jaillissent, faim et injustice réclamaient vengeance et rien ne pourra la stopper…


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Marianne Faurobert et Marguerite Pozzoli

Les titres de Milena Agus lus par Vaux Livres

 


- 23 -



Silvia AVALLONE
Marina Bellezza
Liana Levi
542  pages
23  euros

13-09-2014

 

    Marina, Andrea et Elsa sont originaires d’une vallée perdue, encaissée au plus profond du Piémont. Jadis prospère, elle voit les entreprises fermer et se dépeuple peu à peu. « Ce n’est pas vrai que ce qui compte, c’est où on arrive. Ce qui compte, c’est d’où on vient. » et ces trois là vont l’éprouver. La belle, très belle, Marina, à la voix lumineuse, rêve d’ailleurs, de célébrité, elle sait qu’elle attire les regards et aime en jouer. Andrea après quelques années d’études préfère suivre les pas de son grand-père et exploiter une ferme d’alpage au cœur d’une nature sauvage et fière ; évidemment il n’a d’yeux que pour Marina alors qu’Elsa l’a toujours aimé. Amour impossible. Marina et Andrea dont les relations oscillent entre attirance et répulsion conservent leurs rêves sans oublier leurs racines et leur enfance accompagnés de failles profondes. Un combat pour grandir, un combat pour la liberté mais le prix sera peut-être cher à payer. Portrait attachant et émouvant d’une jeunesse qui vit sans retenue l’amour, l’amitié et ses rêves au cœur d’une société qui va à vau l’eau. Après « D’acier », une superbe confirmation que l’on dévore !

« Mais le fric a un prix, lui aussi. Il veut toujours quelque chose en échange : ton temps, ta fatigue, et surtout un bon morceau de ta conscience. »

« Une sorte de miracle. Une des raisons pour lesquelles on choisit ce genre de vie. Il n’y a ni vacances ni treizième mois, et on ne devient pas riche. Le vrai gain, c’est voir les clients revenir parce que votre beurre, votre tomme, les produits que vous avez fabriqués de vos mains sont meilleurs que les autres ; attendre la naissance d’un veau ; apprendre à lire dans l’étendue du ciel même les signes les plus imperceptibles des saisons, et accorder le rythme de son corps à celui de la terre, sa liberté à la sienne. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Silvia Avallone lus par Vaux Livres

 


- 22 -



Sebastian ROTELLA
Le chant du converti
Liana Levi
360  pages
20  euros

14-08-2014

 

    Valentino Pescatore est installé à Buenos Aires et essaie d’oublier un passé un peu trouble. Il travaille pour une agence de sécurité dirigée par Facundo, un Juif argentin avec lequel il s’entend très bien. Lors d’une mission, il croise, par hasard semble-t-il du moins, Raymond, un ami d’enfance, son frère, petit malfrat charmeur. Dix ans qu’ils ne s’étaient pas vus notamment car Valentino avait refusé de suivre les traces périlleuses de Raymond. Ils boivent un coup, discutent, se rappellent le bon temps mais Raymond reste évasif quant à ses activités actuelles et ne semble pas avoir changé. Quelques jours après, un terrible attentat a lieu dans un centre commercial du quartier juif. Valentino devient immédiatement suspect car un appel suspect a été enregistré sur son portable. Peu de personnes connaissent ce numéro et le dernier en date est … Raymond ! Pour se disculper et connaître les éventuels liens de Raymond avec l’attentat, Valentino se lance dans l’enquête. Il rejoint une équipe d’agents du renseignement dont Fatima Belhaj une jolie Française qui ne le laisse pas insensible. Valentino passera par l’Argentine, la Bolivie, la France, l’Irak et l’Espagne pour tirer au clair une affaire internationale de terrorisme établissant les liens étroits entre islamisme et banditisme. De beaux personnages, du suspens, un thématique très contemporaine et une intrigue bien ficelée.

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Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller

 


- 21 -



Will WILES
Attention au parquet !
Liana Levi
300  pages
21  euros

03-06-2014

 

    Oskar et le narrateur ont fait leurs études ensemble en Grande-Bretagne. Très différents, ils se sont néanmoins côtoyés souvent et se retrouvent maintenant dans leur pays d’origine, en Europe de l’Est. Oskar doit partir régler son divorce aux Etats-Unis et il invite le narrateur à le rejoindre et à s’installer dans son appartement pour l’occuper et prendre en charge ses deux chats. Celui-ci débarque dans un appartement impeccable, plancher superbe et fragile, mais une atmosphère froide et sans vie. Trop propre, trop net, trop rangé. Ecrivain, il produit des brochures et espère profiter de cet environnement pour enfin écrire un roman. Mais cet endroit sans âme est-il le lieu idéal ? Les directives du maniaque Oskar disséminées partout dans l’appartement l’aideront-ils ? Les chats ne lui faciliteront pas non plus la tâche et les évènements s’enchaîneront pour le plus grand malheur de l’appartement, de son gardien et de son propriétaire. Ce séjour permettra en outre de découvrir qui se cache derrière Oskar et son besoin si puissant de perfection, son ami n’est pas au bout de ses surprises ! Le ton est légèrement moqueur, so british, un zeste d’absurde et de loufoque, une goutte kafkaïenne, un goûteux cocktail !

Premier roman

« Nous vivons une époque formidable, et pas seulement grâce à la pénicilline, aux toilettes à chasse d’eau et au chauffage central : nous pouvons dorénavant survoler les nuages. Et ceux-ci tiennent leurs promesses de beauté sublime. »

« Une chambre n’est pas qu’une chambre. C’est la manifestation d’un état d’esprit, le produit d’une intelligence. .. Nous faisons nos chambres qui, à leur tour, nous font. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 20 -



Emmanuel GRAND
Terminus Belz
Liana Levi
368  pages
19  euros

26-03-2014

 

    Marko Voronine est enfin décidé : il quitte l’Ukraine, sa mère et sa sœur pour la France. Il a trouvé des passeurs roumains qui « l’aideront » à quitter son pays accompagné de quelques autres. Mais un passeur est un passeur, et le voyage tourne mal, les émigrants réagissent, tuent les deux passeurs, récupèrent le camion et l’argent et se lancent dans une fuite désespérée conscients que la mafia roumaine sera vite à leur trousse. Arrivés en France, ils décident de se séparer et Marko part vers la Bretagne et embarque pour l’île de Belz où il a trouvé un emploi en espérant faire le mort… quelques temps. L’accueil est glacial, son nouveau patron, Joël Caradec, le défend face aux autochtones qui voient en lui un marin du dimanche qui pourtant vole leur boulot. Le danger est partout, l’ambiance tendue : Dragos un tueur roumain est à ses trousses et ne fera pas de quartier, et sur l’île l’Ankou rôde, annonce son arrivée et suscite peur et méfiance. Le récit oscille avec vivacité entre la traque de Dragos, machine à tuer, et l’enquête de Marko sur l’île. Un premier roman à multiple facettes, suspense, atmosphère, légendes celtiques et fantastique, croyance populaire, de beaux personnages comme Papou le marin qui reste à terre, mais aussi roman social au cœur de la rude société des hommes de la mer dont l’avenir s’annonce orageux.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Emmanuel Grand lus par Vaux Livres

 


- 19 -



Lucile BORDES
Décorama
Liana Levi
158  pages
14.5  euros

12-01-2014

 

    Georges, agent immobilier, vit dans une ville de bord de mer où les chantiers navals ont fermé. Les projets immobiliers fleurissent, les lieux se transforment, « se modernisent ». Mais Georges est las de tout ça. Il change de travail et décide de remplacer le gardien du cimetière qui vient de décéder, un lieu idéal pour convoquer les fantômes du passé. Il espère y retrouver le calme tandis que la spéculation et les ambitions continuent d’animer la ville. Certains habitants particulièrement motivés y participent avec entrain préférant ignorer les craintes de leurs voisins devant ces mutations profondes. Georges, lui, a choisi de résister ! Une écriture singulière pour cette fable cruelle, drôle qui nous interroge judicieusement sur notre participation à la transformation des lieux et à la « modernisation » de notre environnement.

« Je l’ai très tôt soupçonné de posséder ce don là : être suffisamment servile pour que les autres le soient aussi, tout naturellement. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 18 -



Ryad ASSANI-RAZAKI
La main d'Iman
Liana Levi
328  pages
20.5  euros

03-02-2013

 

    Ryad Assani-Razaki dans ce roman polyphonique donne la parole notamment à trois jeunes Africains, Toumani, Alissa et Iman. Ils partagent une Afrique où le passé colonial continue d’insuffler des comportements et agissements biaisés, dangereux et inhumains. Un enfant peut être acheté, laissé pour mort, chaque jour et sans souci. C’est dans un égout qu’Iman retrouve Toumani, la jambe mangée par les rats. Iman, superbe métis, a quitté sa mère qu’il ne voit plus alors que son père, blanc, est reparti de longue date en France. Alissa a rencontré Toumani avant que Monsieur Bia achète Toumani puis le jette comme un vulgaire objet usager. Les points de vue alternent, les personnages dialoguent par chapitre interposé, le jeune handicapé Toumani qui idolâtre Iman, aime Alissa mais reste désespéré, incapable de rêves, d’espoir, d’envisager un lendemain, un destin commun ; Alissa qui ne comprend pas pourquoi Toumani la repousse vers Iman ; Iman qui ne voit pas d’autre issue qu’un départ vers l’Europe. Le récit est rythmé, les destins détaillés, les choix et sentiments de chaque personnage disséqués et ce portrait humain de l’Afrique noire demeure désespéré et désespérant. Un premier roman fort et poignant.

Premier roman

« On dit que le destin d’un homme est entre ses mains. Mensonge. Souvent, le destin n’est que la pointe d’une lance projetée depuis plusieurs générations. »

« Je vis dans un monde où les rêves déplacés peuvent être fatals. »

« Le monde est ainsi fait, la valeur d’une personne est liée à son utilité. Je ne sais ni lire ni écrire et je tiens à peine debout. La véritable question n’est donc pas "Que veux-tu ?" mais "Que peux-tu te permettre de vouloir ?". Beaucoup ne le savent pas, mais même l’ambition est un luxe. »

Ecouter la lecture de la première page de "La main d'Iman"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 17 -



Tiziano TERZANI
Lettres contre la guerre
Liana Levi
190  pages
15  euros

03-08-2012

 

    Tiziano Terzani a été pendant trente ans correspondant en Asie du Spiegel et du Corriere della Sera. Il a beaucoup voyagé et vécu dans de nombreux pays au contact de cultures différentes, de modes de vies différents, des diverses religions pratiquées. Tolérant, ouvert aux autres, aux différences, le 11 septembre et ses lendemains l’accablent littéralement. Il écrit alors une première lettre au Corriere puis à une collègue italienne exilée aux USA et enfin une série de lettres de divers coins du monde. Tiziano Terzani crie son opposition aux guerres aux conséquences désastreuses, montre comment le 11 septembre a marqué la fin d’une époque, le passage à un autre monde acceptant la restriction des libertés individuelles, les tortures, Quantanamo, les mensonges d’états, le repli sur soi, la peur de la différence… Il tente d’observer une neutralité parfaite afin d’expliquer et comprendre notre monde et ses dérives face à l’Islam : « La substance de tout ce que je voulais dire était là : les raisons des terroristes, le drame du monde musulman face à la modernité, le rôle de l’Islam en tant qu’idéologie anti-mondialisation, la nécessité de la part de l’Occident d’éviter une guerre de religion, une issue possible : la non-violence ». Ses lettres parcourent le monde et ses problèmes auxquels il répond par un recadrage culturel et historique. Une belle découverte que cet homme libre, demeurant optimiste malgré tout, qui cherche simplement à exprimer une voix forte et singulière, prônant la non-violence, l’acceptation de l’autre et la tolérance mais sans aucune complaisance pour la politique américaine et le suivisme européen. Particulièrement instructif et enrichissant !

Ecouter la lecture de la première page de "Lettres contre la guerre"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 16 -



Alessandro PIPERNO
Persécution
Liana Levi
423  pages
22  euros

11-09-2011

 

    L’existence de Leo Pontecorvo ne souffre d’aucun accroc. Professeur de médecine reconnu, il exerce dans le service des enfants atteints de cancer. Son action et son dévouement sont reconnus. Sa vie familiale avec sa femme Rachel et ses deux fils baigne dans le bonheur dans le milieu bourgeois et juif romain. Néanmoins, après des vacances avec sa famille et la petite amie de l’un de ses fils âgée de douze ans, il apprend par le journal télévisé lors d'un repas familial que cette gamine l’accuse d’avoir tenté de la séduire voire plus. Honte ou stupéfaction, honte et stupéfaction, il ne réagit pas, ne se défend pas mais se recroqueville sur lui-même, s’isole. Vite jugé, vite condamné, par tous. Il ne sait se battre, a toujours été protégé et n’est absolument pas préparé à cette épreuve. Il revient sur son enfance, sa vie, sur le déroulement de ces vacances, sur la terrible efficience de ce piège qui se referme sur lui, et assiste comme un spectateur à sa descente en enfer d’autant plus que personne ne l’aide et qu’il semble l’accepter. Mise à mort collective d’un homme, l’histoire se répètera-t-elle indéfiniment ? Un récit sombre, une étude psychologique particulièrement noire, miroir de notre société et de notre histoire collective.

« Dans la nature tout obéit à la logique perverse de la folie. Les cellules de votre prostate ou de votre colonne ne sont pas les seules à devenir soudain folles. Vous aussi vous devenez fou. »

« La vérité est tout ce que les images ne disent pas. »

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Alessandro Piperno lus par Vaux Livres

 


- 15 -



Virginie OLLAGNIER
Rouge argile
Liana Levi
218  pages
17  euros

25-07-2011

 

    Rosa revient au Maroc, pays qu’elle a quitté dans les années 50 en y laissant sa famille. Aujourd’hui, seule subsiste cette demeure au milieu d'un vaste domaine, témoignage du passé colonial familial et il est temps de mettre un point final à la succession malgré ce qu’elle lui rappelle : « Dans cette maison dans laquelle elle avait grandi et aimé pour la première fois de cette passion éternelle qu’on voue à se parents. Premier lieu auquel elle avait appartenu. ». Elle retrouve avec plaisir Sherifa, sa nourrice, deuxième mère toujours complice. Retour aux sources bouleversant, chaque objet, chaque vision provoque un flux ininterrompu de souvenirs, anodins ou non qui, image après image, la mène sur les traces de sa famille et de ses secrets. Elle s’était construite sur une certaine idée de son passé, un modèle de famille et de couple et ce voyage lui révèlera sa vraie famille, ses secrets et non-dits mais aussi son attachement viscéral à cette terre rouge et à la vie qu’elle crée, entretient, prolonge et achève. « Rouge argile. Sang séché. ».

« Merci de m’avoir offert ton Maroc, Sherifa. Ce n’est que du tien que je parle, pas du Maroc en entier. Je ne suis pas de ce pays, ce n’est pas le mien, Sherifa, j’ai mangé ta terre. J’ai mangé ta terre sacrée. Je serai donc là jusqu’à la fin de tes jours. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 14 -



Silvia AVALLONE
D'acier
Liana Levi
387  pages
22  euros

11-04-2011

 

    Anna et Francesca sont deux jeunes ados italiennes de 13-14 ans du début des années 2000, loin de l'Italie historique ou touristique. Blonde et brune, elles vivent dans une cité ouvrière toscane bâtie autour d’une aciérie omniprésente, personnage à part entière, sorte de monstre aussi amical qu'hostile. On naît là et on y meurt. Anna et Francesca sont unies par une forte amitié, proche de l’amour, et partagent le rêve de s’extraire de cet univers, de transcender leur condition. Elles sont belles, jeunes, attirantes, elles le savent et en jouent dans ce monde qu’elles souhaitent quitter, bien loin du choix de leurs mères qui ont tout accepté. Mais D’acier est aussi le portrait d’une génération et d’un milieu social qui ne croit plus dans le bonheur collectif, un monde désenchanté, sans avenir, sans rêves ou alors limité au dernier modèle de la Golf, qui n’attend guère plus que quelques instants de bonheur volés par ci par là (Carpe diem), moments furtifs d'enchantement à ne pas rater et à saisir absolument. Leur point d’ancrage demeure la famille mais elle aussi est souvent à l’image de la société, en péril. Seule issue donc, l’amitié entre ces deux gamines qu’elles pensent indéfectible... Superbe premier roman ancré dans le quotidien de nos sociétés et animé par de nombreux portraits d’une grande ampleur. Silvia Avallone évite une noirceur pesante par la dualité constante du récit (beauté-laideur, plage-immeubles, Ile d’Elbe-Stalingrado, vie-mort…) mais surtout réussit à l'illuminer par la beauté et l’amitié de deux ados en train de devenir femmes.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Silvia Avallone lus par Vaux Livres

 


- 13 -



Lionel SALAÜN
Le retour de Jim Lamar
Liana Levi
233  pages
17  euros

19-02-2011

 

    Jim Lamar est de retour. Rescapé du Vietnam, il retrouve Stanford, coin perdu dans le Missouri, au bord du Mississipi, treize ans plus tard. Le solitaire Billy Brentwood, le narrateur, a alors treize ans, fils d’agriculteurs, il est le seul a aller au devant de Jim dont les parents sont morts et la ferme familiale a été saccagée. L'arrivée inattendue de Jim soulève en effet l’hostilité des villageois qui le tiennent pour responsable de la mort de ses parents et n’ont que faire du Vietnam, de la guerre et de ses conséquences. Confidences, apprentissage, Billy et Jim s’apprivoisent au bord du fleuve lors de longues parties de pêche au cours desquelles Jim raconte sa vie et ses épreuves, son départ, ses rencontres, ses combats, ses trois amis et frères avec qui il formera, malgré leurs différences, un groupe soudé. Si soudés, qu’au retour du Vietnam, seul survivant, il entreprend de respecter la promesse qu’ils s’étaient faites, aller rencontrer les familles des disparus, et raconter, expliquer, éclairer… un périple qui continuera à la façonner. Ce double portrait de deux hommes, de deux Amérique, est particulièrement émouvant et ce roman initiatique aborde en peu de pages et pourtant avec profondeur de multiples thèmes, la guerre, l’amitié et la fraternité, l’altérité, la pauvreté, l’écriture et la lecture, la littérature, les doutes et souffrances, l'apprentissage de la vie, la mort… Premier roman particulièrement rythmé avec une bonne et âpre odeur de blues !

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Lionel Salaün lus par Vaux Livres

 


- 12 -



Milena AGUS
Quand le requin dort
Liana Levi
149  pages
15  euros

12-03-2010

 

    "Quand le requin dort" (premier roman de Milena Agus) est le portrait d'une famille sarde loin de la normalité traditionnelle. Un père voyageur, une mère introvertie, un frère musicien et la narratrice adolescente vivant une relation sadomasochiste avec un homme marié. Milena Agus réussit parfaitement à décrire des caractères, des vies, des dialogues oscillant entre candeur et violence, entre tendresse et démence. Un livre contrasté...

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Milena Agus lus par Vaux Livres

 


- 11 -



Kim THUY
Ru
Liana Levi
143  pages
14  euros

18-02-2010

 

    Ru est le récit d’une jeune femme vietnamienne ayant émigré au Canada par les terribles boat people et qui trie aléatoirement dans ses souvenirs, des souvenirs nombreux tant la petite fille qu’elle était semble fine observatrice. Le récit oscille entre passé et présent, enfance et maturité, évocation familiale et universelle, douceur et violence, climat apaisé et guerrier... Un court récit poétique à la prose maîtrisée qui distille une douce violence aimantant le lecteur du début à la fin.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 10 -



Victor LODATO
Mathilda Savitch
Liana Levi
275  pages
20  euros

24-08-2009

 

    Mathilda Savitch est la narratrice, jeune adolescente qui du jour au lendemain voit son quotidien et son avenir totalement obscurcis ce qui provoque une rupture totale dans son évolution vers le monde adulte. A l’orée du livre, on ne connaît pas grand-chose sur le passé de Mathilda mais on apprend immédiatement que sa sœur Helene est morte écrasée sous un train. Mathilda laisse courir son imagination sur l’histoire de sa sœur, sur ses sentiments, ses amours, sur le déroulement de l’accident… L’adolescente est perdue, désespérée, elle oscille entre naïveté et perversité, gentillesse et méchanceté, sensibilité et cruauté mais cherche avant tout à attirer l’attention de ses parents totalement désorientés par ses réactions (même le paisible chien Luke de la famille subit ses écarts) eux-mêmes restant déboussolés par la perte de leur fille aînée (le couple tangue dans la tempête), et par ses amis quelque peu apeurés par ce qui lui arrive et par son comportement. Tout est prétexte à imaginer le pire, même l’ambiance de peur face au terrorisme est un terrain de jeu pour la petite. Un texte sans retenue sur cette adolescente en perdition particulièrement imaginative.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 9 -



Inaam KACHACHI
Si je t'oublie Bagdad
Liana Levi
250  pages
20  euros

23-07-2009

 

    Née en Irak, Zeina fuit adolescente vers les USA avec ses parents, son père, présentateur de télévision sans histoire, ayant pourtant été accusé de conspiration contre le régime de Saddam Hussein et donc torturé. Ses grands parents maternels auxquels elle était très liée restent vivre quant à eux à Bagdad. Ecartelée entre les deux pays, les deux cultures, Zeina est cependant bien intégrée dans la société américaine, a un ami américain, tout en restant fière d’avoir su conserver sa langue maternelle, grâce à la lecture de poésies irakiennes et à la fréquentation d’un groupe d’amis irakiens, libanais et syriens. Reconnaissante aux USA d’avoir accueilli sa famille, elle se souvient avec fierté du jour de l’obtention de sa nationalité américaine, au contraire de sa mère, qui elle, a pleuré de tristesse ce jour là. Le lendemain du 11 septembre, hébétée, elle postule à un poste d’interprète arabe mais elle n’est pas retenue. A la déclaration de guerre contre l’Irak, elle renouvelle sa candidature. Encore Irakienne mais déjà Américaine, elle part à la fois dans l’idée de rembourser une dette qu'elle aurait envers les USA mais aussi pour aider les habitants du pays de ses racines. Elle débarque dans des conditions rocambolesques à Tikrit, dans un ancien palais de Saddam Hussein investi par les américains. Là elle va traduire des documents saisis, renseigner les militaires sur les habitudes de vie des habitants et servir d’interprète pour des interrogatoires de suspects, interrogatoires parfois musclés ou absurdes. Elle décrit le quotidien et les dangers de cette vie et surtout sa prise de conscience qu’elle « n’est pas dans la même tranchée que les habitants de ce pays » qui la regarde avec hostilité. Elle retrouve avec émotion sa grand-mère qui vit toujours à Bagdad, à qui elle aura honte d’avouer qu’elle travaille pour l’armée américaine. Celle-ci, très attachée à sa petite fille mais enrageant de son engagement, ne va pas hésiter à lui présenter les fils de son ancienne nourrice, pour essayer de la ramener dans le droit chemin, de « refaire son éducation ». Mais de prise de conscience du rôle ambigu de son armée, en chagrins de deuils elle rentre avec « un chagrin pareil à du miel raffiné - épais, poisseux et translucide », avec lequel il lui faudra apprendre à vivre. Un beau portrait d’un pays lacéré et d’une femme déchirée (le portrait de la grand-mère vaut aussi le détour) entre deux identités qui rend compte de la vie des Irakiens expatriés en Amérique, de leur relation fusionnelle avec la mère-patrie, une femme qui, sur le terrain, réalise l’impasse dans lequel se sont engagés les USA mais incrimine aussi les Irakiens qui n’ont pas su profiter de l’opportunité qui leur était offerte.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 8 -



Milena AGUS
Mon voisin
Liana Levi
52  pages
3  euros

07-01-2009

 

    Cette nouvelle inédite de Milena Agus d’une cinquantaine de pages met en scène une jeune femme solitaire, mère d’un petit garçon de deux ans silencieux et qui ne marche pas. La vie lui pèse et elle pense au suicide comme délivrance ultime en élaborant la méthode qui conduirait au suicide parfait. Cela devient sa préoccupation première jusqu’au jour où son voisin, beau, seul, père d’un petit garçon turbulent rentrera enfin dans sa vie. C’est par l’intermédiaire de ce petit garçon que les liens se tisseront, tranquillement, dans l’amitié et la complicité… Un joli texte tendre que le lecteur aimerait voir se poursuivre.

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Milena Agus lus par Vaux Livres

 


- 7 -



Bertina HENRICHS
La joueuse d'échecs
Liana Levi
212  pages
9  euros

20-12-2008

 

    Eleni est femme de ménage dans un hôtel de l'île de Naxos où elle est née et a toujours vécu humblement, discrètement, au service de sa famille et de ses désirs, résignée ? pas si sûr... Un jour, dans une chambre, elle aperçoit un jeu d'échecs et est littéralement et immédiatement fascinée par tous ses pions noirs et blancs. Alors que les hommes s'adonnent au trictrac dans cette île, elle décide d'apprendre à jouer aux échecs avec l'aide de son ancien instituteur qui n'a pourtant pas conservé un souvenir très positif d'elle. Cependant, il l'aidera, la soutiendra et se rendra rapidement compte que cette passion et cette volonté feront d'elle une joueuse capable de gagner et surtout une autre femme, une femme qui saura affirmer son identité et sa personnalité. Il la fera se confronter à son ancien partenaire le pharmacien très sceptique initialement puis lui fera gravir un à un les échelons devant ce damier fascinant. Une île est un monde clos et tous les habitants seront rapidement au courant de cette passion venant perturber la vie familiale d'Eleni, son mari n'étant pas le premier à l'épauler ("Etre cocu aurait été plus supportable. Une trahison amoureuse, même inacceptable, pouvait être nommée. Il y a un code d'honneur. Alors que là, ce délire narquois le laissait impuissant."). Beaucoup regardent d'un mauvais œil une femme qui prend des initiatives et sort du carcan familiale… Bertina Henrichs montre qu'une femme simple, ordinaire par sa passion ("Le pion était la base du jeu, petit soldat serviteur, avançant tout droit vers son unique but, celui du blocage de l'armée ennemie ou de l'ascension sociale ") peut réussir à s'affirmer, à s'émanciper, à se libérer ce qui contraindra son entourage à la regarder différemment (même si cela n'était pas son but). Le lecteur suit avec tendresse ou admiration le parcours semé d'embûche d'Eleni qui malgré les difficultés ira jusqu'au bout. L'ambiance ensoleillée et paisible de cette petite île grecque accroit notre attachement à ce très beau texte éclairée par cette femme qui prend en main son destin et saura abattre quelques pions et autres murs.

Premier roman


Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Bertina Henrichs lus par Vaux Livres

 


- 6 -



Milena AGUS
Battement d'ailes
Liana Levi
154  pages
15  euros

20-02-2008

 

    Après avoir enchanté ses lectrices et lecteurs avec son ‘Mal de pierres’, Milena Agus nous offre à nouveau un portrait de femme, une femme indépendante et incomprise, à la recherche d’un amour (impossible ?). La côte sarde est au centre du roman : cette femme y possède un terrain et une maison très convoités qu’elle refuse de céder quitte à rester dans la pauvreté. Occupée à résister aux promoteurs, Madame multiplie pourtant les rencontres au grand dam de certaines… Une femme hors norme que nous fait découvrir sa jeune voisine, narratrice de quatorze ans. Un deuxième livre toujours aussi charmant sur les femmes, la différence et l’amour.

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Milena Agus lus par Vaux Livres

 


- 5 -



Andreï KOURKOV
Le pingouin
Liana Levi
300  pages
19  euros

01-11-2007

 

    Victor a adopté Micha le pingouin du zoo de Kiev qui ne pouvait plus le nourrir (« J’ai pas de chance aves les femmes. J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin et je me suis tout de suite senti mieux »). Ce manchot royal cardiaque et dépressif rompt la solitude de Victor. Victor rêve d’être écrivain mais journaliste, il écrit des notices nécrologiques de personnes encore vivantes afin que son journal soit le premier à les publier le moment venu. Peu à peu, il perd toute liberté dans son travail : on lui choisit les personnalités à chroniquer, on lui impose des phrases à intégrer… Puis, peu à peu, les personnes concernées par ses chroniques disparaissent… Il évite de se poser des questions même s’il apprendra plus tard le fin mot de l’histoire… Humour glaçant et grinçant pour ce premier roman traduit de A. Kourkov. A (re)découvrir.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 4 -



Milena AGUS
Mal de pierres
Liana Levi
124  pages
13  euros

23-02-2007

 

    La narratrice nous conte l’histoire de sa grand-mère sarde née en 1913 et de sa famille. Jeune femme, elle est fantasque, rêveuse, et détonne au sein de sa famille et de sa communauté où montrer ses sentiments et sa joie est rare. Au contraire, elle vit et assume pleinement ses sentiments et ses émotions et ne craint pas de les extérioriser (« elle a pris sur elle tout le désordre… dans une famille le désordre doit s’emparer de quelqu’un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s’arrête »). Ses parents refusent de comprendre sa fougue, son envie de vivre et sa recherche de l’amour. A 30 ans, elle reste vieille fille et est mise à l’index. Quand certaines font des enfants, elle fait des pierres, atteinte du « mal de pierres », la maternité lui semble interdite. Pourtant, elle se marie en 1943 contre son gré avec un veuf de plus de 40 ans. Partie en cure sur le continent, elle rencontre l’amour dans les bras d’un autre malade, le Rescapé qui a perdu une jambe pendant la guerre. Elle le décrit avec admiration, subjuguée elle est en attente de leurs conversations et de leur écoute mutuelle. De retour de cure, elle met au monde le père de la narratrice qui deviendra un grand musicien : « Papa, aucune fille n’en voulait, et grand-mère en souffrait, se sentant coupable d’avoir peut-être transmis à son fils le mal mystérieux qui éloigne l’amour ». Il finit par épouser une jeune femme qui l’adore et la petite fille est confiée à sa grand-mère paternelle qu’elle apprendra à connaître. Elle comprendra que la rencontre du Rescapé marqua un tournant dans sa vie (« j’ai connu une grand-mère différente qui riait pour un rien »). Il faudra pourtant qu’elle attende la mort de sa grand-mère et la découverte du cahier noir à tranche rouge qu’elle tenait pour comprendre les clés de sa vie : « En fin de compte, que savons nous vraiment des autres ? ». Superbe.

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Milena Agus lus par Vaux Livres

 


- 3 -



Dan GEARINO
De toutes pièces
Liana Levi
377  pages
20  euros

21-08-2006

 

    Holly Hill petite bourgade du sud des Etats-Unis n'a pas encore oublié la guerre de sécession. L'opposition Nord-Sud perdure et les deux communautés Noirs-Blancs cohabitent malgré tous les préjugés influant encore sur les relations humaines et les comportements quotidiens. Un soir, une église brûle et le cadavre d'un Noir y est retrouvé carbonisé. La machine s'emballe immédiatement et la piste du crime raciste est privilégiée surtout que presse, police et justice ont sous la main un coupable idéal. Une contre-enquête est menée par un pompier local fraichement licencié qui reste insensible aux sirènes du racisme. Ironie et humour grinçant accompagnent cette enquête certainement bientôt sur vos écrans !

"Ils n'entendent que des préjugés depuis leur naissance, et quand ils deviennent grands, n'importe lequel est prêt à incendier une église noire s'il croit pouvoir prouver quelque chose"

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller

 


- 2 -



Philippe DELEPIERRE
Crissement sur le tableau noir
Liana Levi
287  pages
18  euros

30-12-2005

 

    Itinéraire d'un prof exténué et écrasé par le système éducatif et son fonctionnement. Juan Vega fils d'immigré espagnol est prof de français et nous allons suivre son année scolaire. Il enseigne en particulier dans une 1ère S qui subit le français par obligation : c'est la dernière année ! Ils ne travaillent que ce qui est rentable... sauf une élève plus intéressée. Ce prof cherche à enseigner comme il pense, et non comme on veut lui imposer et les ennuis commencent ! On cotoie ses collègues, l'administration, les inspecteurs, petit monde impitoyable. Aucun des problèmes rencontré durant l'année scolaire n'est escamoté et le système sera le plus fort en menant à la démission.

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Alessandro PIPERNO
Avec les pires intentions
Liana Levi
350  pages
20  euros

30-12-2005

 

    Alessandro Piperno nous propose dans son premier roman une galerie de portraits de la famille juive du narrateur Daniel : un grand-père superficiel aimant trop les femmes des autres, un oncle séduisant qui quittera l'Italie pour Israel, un père absent bourgeois adulant le luxe et les grands de ce monde, un frère plus doué, chaque personnage portant un sentiment de culpabilité. Daniel ne sait où se situer : la communauté juive lui "reproche" un parent non-juif et et les "non-juifs" le repousse le renvoyant aux origines de l'un de ses parents. Les tourments de Daniel dans ce monde et son impossibilité à séduire la belle Gaïa accompagnent cette chronique de la vie romaine. Un roman à grand succès en Italie.

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Alessandro Piperno lus par Vaux Livres

 


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