'On ne réalise pas qu'on nage en plein bonheur quand on se contente de barboter dedans.'   Anne-Frédérique Rochat

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



9663154

Nimrod - L'enfant n'est pas mort








 NIMROD
L'enfant n'est pas mort
Bruno Doucey

160  pages
15.5  euros

05-03-2017

 

    En 1994, lorsque Nelson Mandela prononça son discours d’investiture en récitant un poème « L’enfant n’est pas mort », il stupéfia l’assemblée qui s’interrogea sur son auteur : « Elle s’appelait Ingrid Jonker. Elle était à la fois poète et Sud-Africaine. Elle était à la fois une Afrikaner et une Africaine. Elle était à la fois une artiste et un être humain. Au milieu du désespoir, elle a célébré l’espoir. Face à la mort, elle a célébré la beauté de la vie. » Nelson Mandela n’a évidemment pas choisi ce texte et cette auteur par hasard. Naturellement, leur combat ne font qu’un et la fulgurance, la simplicité et l’évidence des textes d’Ingrid Jonker ont participé à sa survie dans les geôles sud-africaines, « il s’est acheté du rêve avec du rêve. Telle est l’exacte définition du captif. » et continuent de l’habiter. Nimrod avec une écriture recherchée et poétique tisse les portraits de ces deux résistants qui s’entremêlent ou s’enchaînent : ils sont tous les deux Sud-Africains, un homme et une femme, un noir et une blanche (« La société sud-africaine est ainsi faite que le bonheur est blanc et le malheur, noir. »), le rêve le sauve en prison et « elle est nostalgique du rêve à l’état pur », tous les deux abhorrent l’apartheid, il passa de longues années en prison, elle chercha à rompre avec sa prison familiale, il survécut à l’apartheid, elle s’y noya. Ils choisirent la justice, l’égalité, la fraternité et la liberté et ils en souffrirent tous les deux. Nous découvrons Ingrid Jonker et retrouvons avec un immense plaisir à travers les mots choisis de Nimrod le visage souriant même avec une larme à l’œil de Nelson Mandela. Nimrod nous passionne en entrelaçant ces deux destins issus de camps opposés et qui décideront de rester debout au-delà des conséquences, d’affronter un système oppresseur en évitant toujours la violence, en choisissant le camp de l’intelligence et de la poésie. Lecture obligatoire pour tous !

« L'espèce humaine est fort patiente »

« Il ne cessera jamais d'être un bagnard. Ce n'est pas seulement le regard des gens qui le lui rappelle, ce sont aussi ses souvenirs. »



Ecouter la lecture de la première page de "L'enfant n'est pas mort"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


  Compte-rendu précédent     Compte-rendu suivant  

Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture