'La vie n’est-elle pas un spectacle ironique où à la fin, seul le fou sauve son honneur ?'   Maria Ernestam

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



Vaux Livres - Le livre du mois

Septembre-Octobre 2007


Abé Kôbô - La femme des sables






Le roman

Un instituteur passionné par d'insectes et collectionneur part à la recherche d'une nouvelle espèce dans une région sablonneuse du Japon. Le sable y est omniprésent, même les maisons sont au fond d'un trou entourées de sable. Ce trou se remplit inexorablement de sable, la menace d'engloutissement est permanente et chacun lutte continuellement contre le sable qui s'immisce partout, toujours en mouvement, progressant constamment sans aucune barrière véritablement efficace. Après une première journée de recherches infructueuses et une tempête, l'hospitalité lui est accordée et il descend par une échelle de corde dans sa nouvelle demeure où réside une femme. Le lendemain, l'échelle a disparu. Il est prisonnier. De qui ? De la femme ? Du village ? Du sable ? De la vie ? Il passe par tous les sentiments devant cet emprisonnement. Pourra-t-il s'enfuir ? La femme quant à elle remplit des sacs de sable la nuit pour les extraire vers le haut de la falaise et dort la journée. L'enlisement est repoussé temporairement comme une illusion. L'angoisse l'envahit et atteint aussi le lecteur. Arrivera-t-il à s'extraire de ce cauchemar où il est privé de toute liberté ? De l'espoir de s'échapper ou du sable, lequel des deux est le plus obsédant ? Et puis, peu à peu, il devient partie intégrante du lieu et tient son rôle malgré lui dans cette lutte incessante contre le sable déclaré vainqueur d'avance. Esclave de tous les instants, alors qu'il a l'occasion inattendue et exceptionnelle de s'échapper, il restera : " J'ai le temps, tout le temps... "
Un roman angoissant et oppressant qui fait presque poindre le goût de sable dans la bouche du lecteur. En outre, ce roman d'une richesse exceptionnelle recèle de nombreuses interprétations possibles que chacun adoptera ou non au gré de sa lecture : métaphore de la condition humaine, de la société et de ses fondements, le sens à la vie et le mythe de Sisyphe, la liberté, le temps, la mort que l'on tente de repousser...

Abé Kôbô a obtenu pour ce livre le prix Akutagawa en 1962 et le prix du meilleur livre étranger en France en 1967. Teshigahara l'a adapté au cinéma et fut primé à Cannes.

Code : 2234054834
Editions Stock
375 pages
Prix : 9.15 euros


L'auteur

Abé Kôbô né au Japon (1924-1993) étudie d'abord la médecine comme son père. Mais dès son diplôme obtenu, il se consacre à l'écriture sans abandonner ses deux passions que l'on retrouvera dans ses récits : la médecine et les insectes.

Bibliographie

  • Les murs (1951) : Six récits qui nous entraînent dans le labyrinthe de l'identité aux frontières du réel et du rêve (Prix Akutagawa , 1951)
  • La mort anonyme (1949) : A travers des personnages d'une certaine banalité, mais en proie à un léger dérèglement, Abé Kôbô aborde l'angoisse de l'homme moderne face à un monde, la condition humaine et ses illusions.
  • Les amis (1967) : Un homme se retrouve otage dans son propre appartement d'une famille au complet qu'il ne connaît pas.
  • Soldat d'un rêve (1957)
  • La face d'un autre (1964)
  • Le plan déchiqueté (1967)
  • L'homme boîte (1973)
  • Rendez-vous secret (1977)
  • L'arche en toc (1985)
  • Cahier Kangourou (1991)



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